Un Tunisien de 27 ans se trouve illégalement en France en garde à vue à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) à Paris pour un projet d’attentat violent contre le musée du Louvre et une attaque visant la communauté juive parisienne.
Le suspect a été déféré lundi devant le tribunal antiterroriste, selon Le Monde, après avoir été arrêté le 7 mai. Selon le parquet, il est notamment accusé d’avoir planifié « un attentat violent inspiré par le djihadisme », ainsi que d’avoir envisagé de rejoindre les rangs du groupe jihadiste Etat islamique (EI), soit en Syrie, soit au Mozambique.
L’accusé, Dhafer M., est né à Djerba, en Tunisie, et est arrivé en France en 2022 depuis Lampedusa, en Italie, à la recherche de travail. Il a été interpellé alors qu’il conduisait avec un faux permis de conduire et placé en garde à vue pour détention d’un faux document administratif. Après s’être rendu compte qu’il se trouvait en France illégalement, sans titre de séjour valable, il a été transféré dans un centre de rétention administrative.
Après analyse de son téléphone portable, les enquêteurs ont constaté que le suspect avait spécifiquement évoqué son intention de s’en prendre au musée du Louvre et à la communauté juive du 16e arrondissement de Paris. Aucune cible spécifique n’a été identifiée concernant la communauté juive.
Il disposait également de nombreuses vidéos de propagande djihadiste ainsi que de centaines de photos d’armes à feu et de couteaux. Sur ses comptes de réseaux sociaux, sa photo de profil est une image d’un combattant de l’Etat islamique exécutant des prisonniers, tirée d’une vidéo publiée par l’organisation terroriste.
Une vidéo a également été découverte le montrant se filmant en train de lever le doigt en signe d’unité, symbole d’allégeance aux groupes djihadistes, et de crier « Allahu Akbar !
Dhafer M. a également eu des conversations sur des applications de messagerie sécurisée avec plusieurs contacts à l’étranger, éventuellement liés à des groupes jihadistes, au sujet de projets d’attentats terroristes. Dans l’une de ces discussions, il explique connaître les accès au Louvre et évoque la fabrication d’explosifs qu’il pourrait poser au musée. Une vidéo montrant la façade du musée, avec ses drapeaux français flottant, est enregistrée sur son téléphone. Dans une autre conversation, il évoque la fabrication de la ricine, un poison, et sa volonté d’attaquer les juifs du 16e arrondissement, le quartier où il travaille habituellement.
L’accusé a également fait savoir à ses contacts qu’il regrettait d’avoir émigré en France, la qualifiant de pays de « kuffar » (infidèles), et exprimé son désir de faire sa « hijra » pour s’installer en terre d’islam.
L’analyse des recherches ChatGPT de Dhafer M a corroboré ses intentions de mener une attaque. La police a découvert des recherches telles que « comment fabriquer une bombe » ou celles liées à la recherche de précurseurs et de matières chimiques utilisées dans la fabrication d’explosifs. Un échange avec le chatbot a révélé qu’il cherchait à connaître les dégâts causés par l’utilisation d’environ 100 grammes de TNT – une question à laquelle ChatGPT a finalement refusé de répondre.
Le Tunisien s’intéressait également aux groupes jihadistes en Syrie et dans des pays africains comme le Mozambique et le Niger.
Après neuf jours de détention administrative suite au contrôle routier, le tribunal a ordonné la libération de Dhafer M., qui avait fait appel de son arrêté d’expulsion. Le jeune homme a cependant été interpellé dès sa libération par des agents de la DGSI, alertés du contenu de son téléphone.
Durant sa détention, Dhafer M. a nié tout complot terroriste, justifiant ses recherches et discussions par simple « curiosité » et son désir de comprendre « la façon de penser » des sympathisants de l’EI. Son avocat, Réda Ghilaci, s’est refusé à tout commentaire pour le moment, note Le Monde.