Le député Badreddine Gammoudi, élu de la circonscription Menzel Bouzaiane – Meknassy – Mezzouna au gouvernorat de Sidi Bouzid, a indiqué dans une déclaration exclusive à Tunisie Numérique que l’intoxication alimentaire collective signalée à Meknassy, qui a coûté la vie à deux personnes, n’a aucun lien avec la consommation de pastèque.
Selon lui, les membres de la famille sinistrée, composée de 9 personnes, n’ont pas mangé de pastèque, contrairement à certaines informations diffusées après le drame.
Un repas composé de couscous avec osbane, salade et boissons gazeuses
Badreddine Gammoudi a expliqué que le repas consommé par les victimes était constitué de couscous à l’osbane, un plat populaire tunisien, accompagné de salade verte et de boissons gazeuses.
Il a cependant noté que l’un des patients empoisonnés n’avait consommé aucune boisson gazeuse, mais présentait pourtant les mêmes symptômes. Selon le député, les premières indications pointent donc vers le couscous à l’osbane, tout en soulignant qu’il est encore trop tôt pour confirmer officiellement la source exacte de l’empoisonnement.
Deux décès et sept personnes en réanimation
Les 9 membres de la famille ont d’abord été transférés à l’hôpital local de Meknassy, où l’un d’eux est décédé.
Les autres patients ont ensuite été évacués vers l’hôpital régional de Sidi Bouzid. Un deuxième membre de la famille est décédé lors du transfert, a ajouté le député.
Les 7 personnes restantes sont actuellement soignées au service de réanimation de l’hôpital régional de Sidi Bouzid. Selon Badreddine Gammoudi, leur état est stable.
Analyses en cours pour déterminer les causes exactes
Concernant les causes de l’empoisonnement, le député a souligné la nécessité d’attendre les résultats officiels des analyses.
Il a indiqué que l’examen médico-légal des deux personnes décédées est en cours, tandis qu’une équipe de l’Autorité Nationale de Sécurité Alimentaire a collecté des échantillons de la nourriture consommée par la famille.
Les résultats des analyses devraient déterminer précisément l’origine de cette intoxication alimentaire collective.
Aucun lien avec l’empoisonnement signalé à Gafsa
Badreddine Gammoudi a également précisé que cette affaire n’a aucun lien avec l’incident d’empoisonnement enregistré dans le gouvernorat de Gafsa après la consommation de pâtisseries.
Il a appelé à éviter toute confusion entre les deux incidents en attendant les conclusions des autorités compétentes.
Le député pointe les insuffisances de l’hôpital local de Meknassy
Le député a salué les efforts déployés par le personnel médical et paramédical de l’hôpital local de Meknassy et de l’hôpital régional de Sidi Bouzid, affirmant avoir fait le nécessaire dans la limite des ressources disponibles.
Il a toutefois dénoncé les nombreuses carences dont souffre l’hôpital local de Meknassy. Selon lui, le nombre de médecins est passé de 9 à 7, tandis que plusieurs infirmières partant à la retraite n’ont pas été remplacées.
Il a également évoqué l’existence d’équipements qui n’ont pas été utilisés depuis 2020 car incompatibles avec l’infrastructure actuelle de l’installation.
Engagements non tenus depuis avril 2025
Badreddine Gammoudi a rappelé que le ministre de la Santé avait promis, lors d’une visite en avril 2025, d’installer les équipements du bloc opératoire, de renforcer le personnel médical et paramédical, et de mettre à disposition une ambulance médicalisée de type SMUR tant à Meknassy qu’à Menzel Bouzaiane.
« Malheureusement, aucun progrès n’a été enregistré à cet égard. Si une ambulance SMUR entièrement équipée, avec un médecin de soins intensifs et une équipe médicale spécialisée, avait été disponible, il aurait peut-être été possible de sauver ce qui aurait pu l’être », a-t-il déclaré.
Un appel au renforcement des structures de santé dans les régions de l’intérieur
Le député a enfin dénoncé ce qu’il a qualifié de déclin important du fonctionnement des structures de santé à Sidi Bouzid et dans plusieurs régions de l’intérieur.
Il a affirmé que les habitants de ces régions ont droit, comme tous les Tunisiens, à des services de santé décents et efficaces.
Badreddine Gammoudi a appelé à une révision urgente de la situation des structures de santé dans les régions de l’intérieur, afin qu’elles puissent jouer pleinement leur rôle de prise en charge des citoyens et de sauvetage des vies.
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