Le principal criminel présumé du gang Foxtrot basé en Suède arrêté en Tunisie

Le suspect, identifié par les médias suédois comme étant Mohamed « Moewgli » Mohdhi, âgé d’une trentaine d’années, serait une figure importante du réseau Foxtrot, soutenu par l’Iran, l’une des organisations criminelles les plus puissantes et les plus violentes de Suède.

Les autorités suédoises affirment qu’il est étroitement lié aux dirigeants du groupe et qu’il est recherché pour des crimes violents graves, notamment son implication présumée dans un meurtre. Son arrestation est considérée comme une étape clé dans les efforts visant à démanteler les opérations internationales du réseau.

L’opération a été menée par les autorités tunisiennes en étroite coopération avec les forces de l’ordre suédoises, avec le soutien de partenaires européens, soulignant la nature de plus en plus mondiale des enquêtes sur la criminalité organisée.

Les responsables ont souligné que les réseaux criminels modernes opèrent au-delà des frontières, utilisant souvent des plateformes numériques et des outils de communication cryptés pour coordonner les activités de plusieurs pays.

Le réseau Foxtrot est apparu à la fin des années 2010 et est depuis devenu l’un des acteurs centraux du paysage des gangs du pays. Il est fortement impliqué dans un trafic de drogue à grande échelle, des délits liés aux armes, de l’extorsion et des violences ciblées.

Le groupe est dirigé par Rawa Majid, recherché au niveau international et censé diriger certaines parties du réseau depuis l’étranger. Au fil du temps, Foxtrot a évolué vers une structure décentralisée, s’appuyant sur des cellules flexibles et des collaborateurs externes plutôt que sur une hiérarchie rigide.

Les services répressifs européens, dont Europol, associent de plus en plus des réseaux tels que Foxtrot à un modèle criminel plus large connu sous le nom de « violence en tant que service » (VaaS). Ce système implique la sous-traitance d’actes de violence à des individus recrutés en ligne et payés pour accomplir des tâches spécifiques telles que des intimidations, des agressions ou des meurtres.

Europol a averti que ce modèle représente un changement majeur dans la criminalité organisée, dans la mesure où il abaisse les obstacles à la commission de violences graves et permet aux dirigeants criminels de rester physiquement éloignés des actes eux-mêmes.

Europol, grâce à son rôle de coordination et son soutien opérationnel, contribue à relier les enquêtes nationales, à analyser les schémas criminels transfrontaliers et à faciliter le partage de renseignements entre les États membres de l’Union européenne et les partenaires internationaux.

Dans les affaires impliquant des réseaux tels que Foxtrot, Europol soutient les équipes communes d’enquête, identifie les liens entre les suspects dans toutes les juridictions et aide à cartographier l’infrastructure numérique utilisée pour le recrutement et la coordination.

Le processus de recrutement derrière la violence en tant que service est généralement structuré en quatre rôles : l’instigateur ordonne et finance le crime, souvent depuis l’étranger ; le recruteur utilise des applications de messagerie cryptées, des réseaux sociaux ou des plateformes de jeux pour identifier et contacter les contrevenants potentiels ; le facilitateur fournit un soutien logistique et financier, notamment des armes, des outils de transport et de communication ; et l’auteur est généralement un individu jeune et inexpérimenté qui commet l’acte, souvent sans aucun lien préalable avec le crime organisé.

Les autorités affirment que les jeunes sont délibérément ciblés via les espaces en ligne en utilisant un langage codé, des mèmes et des tâches ludiques qui créent un faux sentiment de récompense, de statut ou d’appartenance. En réalité, ils sont entraînés dans des activités criminelles graves, avec de lourdes conséquences juridiques et des conséquences personnelles à long terme.

Pour répondre à cette menace croissante, les services répressifs européens ont créé la Taskforce opérationnelle (OTF) GRIMM, coordonnée par le Centre européen contre la grande criminalité organisée (ESOCC).

Lancé en avril 2025, le groupe de travail rassemble les autorités de 11 pays, dont la Suède, la France, l’Allemagne, la Belgique, le Danemark, les Pays-Bas, la Norvège, l’Espagne, l’Islande, la Finlande et le Royaume-Uni, Europol jouant un rôle central de coordination.

L’OTF GRIMM se concentre sur la perturbation des réseaux de violence en tant que service en renforçant le partage de renseignements, en coordonnant les enquêtes transfrontalières et en cartographiant les structures de recrutement et de monétisation utilisées par les groupes criminels. Elle travaille également aux côtés des entreprises technologiques pour détecter et prévenir les activités de recrutement en ligne ciblant les utilisateurs vulnérables.

Selon les enquêteurs, l’arrestation en Tunisie représente un coup dur porté au réseau Foxtrot et illustre à quel point une action européenne coordonnée, soutenue par Europol, devient de plus en plus essentielle pour lutter contre les organisations criminelles modernes et décentralisées qui opèrent sur plusieurs continents et via des plateformes numériques.