La Tunisie met en avant son approche en matière de droits des femmes à Yamoussoukro

Amel Mouadeb, membre de l’Assemblée des représentants du peuple de Tunisie et vice-présidente de la section tunisienne de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie, a participé aux réunions du Réseau des femmes parlementaires relevant de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie, tenues du 22 au 24 avril 2026, à Yamoussoukro, en Côte d’Ivoire.

Selon un communiqué publié par l’Assemblée des représentants du peuple, Amel Mouadeb a prononcé deux discours dans lesquels elle a présenté l’approche de la Tunisie en matière de soutien aux droits des femmes et de renforcement des fondements de la paix et de la stabilité.

Dans son premier discours, elle a passé en revue l’évolution du cadre législatif tunisien relatif aux droits des femmes, mettant en avant les acquis majeurs réalisés depuis l’indépendance, notamment le Code du statut personnel, qui a marqué un tournant historique dans la sauvegarde des droits des femmes. Elle a également souligné le renforcement de ce cadre à travers des amendements successifs et des dispositions constitutionnelles consacrant le principe d’égalité et la lutte contre toutes les formes de discrimination et de violence.

Elle a également évoqué les principales législations récentes, notamment la loi organique n° 58 de 2017 sur l’élimination de la violence à l’égard des femmes, ainsi qu’une série de réformes visant à soutenir les femmes actives et rurales et à renforcer la protection sociale. Elle a souligné que le principal défi réside dans la garantie d’un accès effectif à ces droits et dans leur traduction en réalité tangible, malgré l’importance de ce fondement juridique.

Dans son deuxième discours, Amel Moueddeb a présenté une vision tunisienne pragmatique basée sur le passage des principes à l’action, affirmant que la paix n’est pas qu’un slogan mais un choix politique nécessitant des politiques publiques efficaces et des mécanismes précis de mise en œuvre.

À cet égard, elle a présenté une série de recommandations structurelles axées principalement sur l’établissement d’une législation anticipative pour prévenir les crises et renforcer la cohésion sociale, assurer le rôle effectif des femmes dans les cercles décisionnels et adopter une approche budgétaire qui favorise la stabilité et le développement équitable.

Les recommandations comprenaient également la valorisation du rôle de l’éducation dans la promotion d’une culture de citoyenneté et de dialogue, l’activation de la diplomatie parlementaire à travers des mécanismes d’intervention et de médiation efficaces, la facilitation de la circulation des personnes et des compétences au sein de l’espace francophone et la mise en place de systèmes efficaces de responsabilisation et d’évaluation pour assurer l’efficacité des politiques publiques.

En conclusion, elle a affirmé que l’expérience tunisienne montre que la stabilité n’est pas un état figé, mais un processus continu basé sur l’inclusion, le dialogue et la correction opportune des déséquilibres. Elle a appelé à ce que les résultats de ces réunions se traduisent en initiatives pratiques ayant un impact direct sur la réalité quotidienne des populations.

Cette rencontre s’inscrit dans le cadre du renforcement de l’action parlementaire commune au sein de l’espace francophone et du soutien aux efforts visant à faire respecter les principes d’égalité, de justice et de paix durable, selon le même communiqué.