L’OTIC lance la Déclaration de Tunis pour défendre les droits des demandeurs de visa

L’Organisation tunisienne d’information des consommateurs (OTIC) a annoncé jeudi le lancement de la « Déclaration de Tunis sur les droits des consommateurs en matière de services de visa et de mobilité internationale ». L’initiative est présentée comme la première référence civile commune émise par une coalition d’associations arabes et africaines de protection des consommateurs, avec le soutien croissant d’organisations similaires à travers le continent africain.

Cette déclaration intervient dans un contexte d’inquiétudes croissantes concernant les services de visa, notamment en ce qui concerne les procédures complexes, la hausse des frais, la multiplication des intermédiaires et le rôle des sociétés privées d’externalisation dans le traitement des demandes.

Une initiative civile pour les demandeurs de visa

S’adressant à l’agence de presse TAP, le président de l’OTIC, Lotfi Riahi, a déclaré que des millions de citoyens dans les mondes arabe et africain sont confrontés à des difficultés croissantes pour obtenir des visas et accéder à la mobilité internationale, malgré les principes d’ouverture et de rapprochement entre les peuples de la mondialisation.

Riahi a expliqué que ces dernières années ont vu l’émergence de plusieurs questions liées à la position des citoyens dans le système des services de visa et à la mesure dans laquelle leurs droits sont respectés en tant qu’utilisateurs d’un service payant.

Selon lui, l’externalisation d’une partie des services consulaires vers des sociétés intermédiaires a contraint les citoyens à payer de multiples frais, à naviguer sur des plateformes numériques et des procédures complexes, et à supporter de longues périodes d’attente sans garanties claires et proportionnées au coût et aux efforts impliqués.

Il a également souligné que lorsqu’une demande de visa est rejetée, les demandeurs perdent souvent tous les frais payés, même s’ils n’ont pas reçu le principal service demandé.

Des plaintes individuelles à l’action organisée

Le président de l’OTIC a souligné que cette initiative civile vise à faire passer le débat des plaintes individuelles à un processus organisé appelant à la réforme et à la transparence.

Il a souligné que l’initiative respecte le droit des États à réglementer l’entrée des étrangers sur leur territoire, tout en appelant à ce que les citoyens se voient garantir un traitement juste, clair et transparent.

Riahi a révélé que l’initiative a bénéficié d’un fort soutien au-delà de la Tunisie. Plusieurs associations de protection des consommateurs dans les pays arabes et africains ont annoncé leur soutien au processus, considérant les problèmes liés aux visas comme un problème commun affectant des millions de citoyens à travers la région.

Il a ajouté que cette réponse reflète une évolution vers la construction d’un mouvement transfrontalier de consommateurs et de droits, affirmant que la dignité des citoyens et leur droit d’accéder aux services doivent être protégés, quelle que soit la nature du service ou le pays concerné.

Transparence, équité et responsabilité

Riahi a déclaré que la nouvelle déclaration établit un ensemble de principes clés, principalement la transparence, l’équité et la responsabilité.

Il appelle également à revoir les relations entre les citoyens et les entreprises intermédiaires, dans le but d’assurer un équilibre plus clair entre droits et obligations.

Il a également annoncé que des travaux sont en cours pour créer « l’Observatoire africain des services de visa et de la mobilité », une initiative indépendante conçue pour suivre et documenter la réalité de ces services.

L’observatoire devrait préparer des rapports et des indicateurs précis qui aideront à faire évoluer le débat des impressions individuelles vers des données mesurables et comparables.

Appels à revoir les frais et à renforcer la surveillance

Les organisations participantes ont appelé à une révision du système de frais appliqué aux services de visa et ont exhorté les autorités à envisager la possibilité de rembourser tout ou partie des frais de visa en cas de refus.

Ils ont également appelé à une distinction claire entre les frais administratifs et les services optionnels, à une plus grande transparence dans les procédures de rejet et à la mise en place de mécanismes de recours indépendants et rapides.

Dans le même contexte, les associations ont réclamé des normes plus claires en matière de contrôle et de responsabilisation des entreprises intermédiaires, tout en renforçant la protection des données personnelles et numériques des citoyens.

Vers un système de visa plus juste et plus humain

Lotfi Riahi a conclu en soulignant que ce mouvement n’a pas pour objectif de remettre en cause les politiques consulaires ni de s’opposer aux Etats. Il cherche plutôt à contribuer au développement d’un système plus transparent, plus juste et plus humain.

Il a déclaré que l’objectif principal est de garantir le respect de la dignité des demandeurs de visa et de leurs droits en tant que consommateurs d’un service, en particulier dans un contexte de charges financières et administratives croissantes liées à la mobilité internationale.

L’OTIC avait précédemment publié un communiqué le 12 mai 2026, dénonçant les abus croissants liés aux services de traitement des demandes de visa fournis par des sociétés intermédiaires privées.

L’organisation a mis en garde contre des charges financières croissantes et des dysfonctionnements affectant les principes de transparence, de concurrence loyale et de protection des données personnelles.

Elle a également estimé que les frais facturés pour des services administratifs limités, tels que la prise de rendez-vous, la collecte des dossiers et la réception des candidatures, avaient dans de nombreux cas dépassé les limites raisonnables, notamment en l’absence de véritable concurrence et d’alternatives.

Selon l’OTIC, cette situation risque de transformer l’activité en une forme de monopole déguisé lié à un service sensible et souverain.

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