Travail des enfants en Tunisie : Entre éducation, responsabilité et exploitation, ce que dit la loi (Vidéo)

La question du travail des enfants en Tunisie se situe à l’intersection du droit et de l’éducation. Alors que certains parents cherchent à enseigner à leurs enfants la responsabilité, l’autonomie et la valeur du travail, la législation tunisienne fixe des limites claires pour empêcher toute forme d’exploitation.

S’adressant à Tunisie Numérique, mardi 28 avril 2026, l’avocat Mounir Ben Salha a expliqué que le travail des enfants n’est pas seulement une question de jugement personnel ou social, mais est régi par des textes juridiques clairs, notamment le Code du travail et le Code de protection de l’enfance.

L’âge minimum légal pour travailler est de 16 ans

Selon Ben Salha, la loi tunisienne établit une règle de base claire : l’âge minimum pour travailler est de 16 ans.

Il a souligné que ce principe n’est pas arbitraire, mais repose sur une philosophie juridique visant à protéger l’enfance en tant qu’étape cruciale du développement. Cette période, a-t-il expliqué, devrait être consacrée à l’éducation, au développement psychologique et à la croissance physique, plutôt qu’à une intégration précoce dans le cycle économique.

Exceptions limitées pour les enfants âgés de 13 à 16 ans

Ben Salha a souligné que la loi tunisienne autorise des exceptions très limitées pour les enfants âgés de 13 à 16 ans.

Toutefois, ces activités doivent être légères et strictement réglementées. Ils ne doivent pas nuire à la santé de l’enfant, perturber sa scolarité ni affecter son équilibre psychologique. De telles exceptions peuvent s’appliquer aux activités artistiques ou culturelles, à condition qu’elles se déroulent dans un cadre contrôlé et limité.

L’éducation à la valeur du travail n’est pas une exploitation

L’avocat a souligné la nécessité de faire la distinction entre enseigner aux enfants la valeur du travail et les soumettre à une exploitation économique.

Encourager un enfant à participer à des activités familiales légères, à apprendre la discipline, la responsabilité et la participation n’est pas puni par la loi, a-t-il déclaré. Cependant, placer un enfant dans un environnement de travail économique organisé, où il est soumis à des horaires de travail, à des pressions ou à des salaires, soulève de sérieuses préoccupations juridiques et éthiques.

Une frontière ténue entre conseils et abus

Ben Salha a expliqué que le problème ne réside souvent pas dans le texte juridique lui-même, mais dans la manière dont il est compris et appliqué.

Il y a, dit-il, une frontière très mince entre éduquer un enfant à l’effort et en faire un travailleur, entre enseigner la discipline et l’exposer à l’exploitation. C’est pourquoi la sensibilisation des familles et de la société reste essentielle.

« Un enfant n’est pas une main d’œuvre »

En conclusion, Mounir Ben Salha a déclaré que la législation tunisienne cherche à trouver un équilibre délicat entre la préparation des enfants à devenir des membres responsables de la société et leur protection contre une insertion trop précoce dans le monde des adultes.

Il a souligné qu’un enfant ne devrait jamais être considéré comme une main-d’œuvre, mais comme « un projet humain » que la loi est conçue pour protéger et non pour exploiter en tant que premier employé.

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