La Tunisie suspend un groupe de défense des droits face à une répression croissante

Un groupe tunisien de défense des droits, co-lauréat du prix Nobel de la paix 2015, a été sommé de cesser ses activités pendant un mois par les autorités.

La suspension de la Ligue des droits de l’homme (LTDH) intervient au milieu des avertissements des organisations de défense des droits selon lesquels le pays se rapproche d’un régime autoritaire depuis que le président Kais Saied a pris des pouvoirs supplémentaires en 2021.

Répression croissante contre les groupes de défense des droits en Tunisie

La LDTH a été fondée en 1976, ce qui en fait l’un des groupes de défense des droits les plus anciens du monde arabe et d’Afrique. Elle est depuis longtemps considérée comme une force vitale dans la défense des droits humains en Tunisie.

Le groupe, qui critiquait ouvertement Saied, s’était déjà vu interdire depuis plusieurs mois de visiter les prisons de plusieurs villes pour inspecter les conditions de détention.

L’organisation faisait partie des quatre groupes de la société civile tunisienne qui ont reçu conjointement le prix Nobel de la paix en 2025 en tant que Quatuor du dialogue national tunisien. pour leur rôle dans le soutien du pays transition démocratique.

La LDTH a condamné cette suspension, affirmant que cette décision s’inscrivait dans « un schéma plus large de restrictions de plus en plus systématiques de la société civile et des voix libres et indépendantes ».

Signe de ce que les critiques considèrent comme un autoritarisme croissant, la Tunisie a suspendu plusieurs autres groupes importants en octobre, notamment les Femmes Démocratiques et le Forum des Droits Economiques et Sociaux.

Kais Saied, homme chauve en costume assis sur une chaise au dossier doré
Saïed nie vouloir être un dictateurImage : FETHI BELAID/AFP/Getty Images

Quelle est la situation sous Saied ?

Saied, 68 ans, gouverne par décret depuis qu’il a suspendu le Parlement en 2021

Il a nié vouloir devenir un dictateur et affirme que les libertés sont garanties en Tunisie, mais que personne n’est au-dessus des lois, quel que soit son nom ou sa position.

Il a souvent évoqué le financement étranger, sur lequel s’appuient parfois les groupes de défense des droits, comme une menace pour le pays.

La Tunisie était autrefois saluée comme la seule réussite démocratique issue de la vague pro-démocratie du Printemps arabe il y a 15 ans, mais elle est désormais critiquée pour ses restrictions croissantes à l’encontre de l’opposition, des médias et de la société civile.

Edité par : Sean Sinico