Des journalistes brandissent une banderole sur laquelle on peut lire « Liberté pour Mourad Zeghidi » lors d’une manifestation devant le siège du SNJT à Tunis (Getty)
Un tribunal tunisien a rejeté mardi la libération provisoire de deux éminents journalistes emprisonnés pour des accusations financières, l’organisation de défense des droits des médias Reporters sans frontières (RSF) dénonçant le « harcèlement judiciaire » à leur encontre.
Depuis que le président Kais Saied a pris le pouvoir en 2021 – dans ce que les critiques ont qualifié de coup d’État – les groupes de défense des droits ont dénoncé une régression des libertés dans le pays. Des dizaines de critiques de Saied sont actuellement derrière les barreaux.
Les journalistes Mourad Zeghidi et Borhen Bsaies ont été condamnés en janvier à trois ans et demi de prison pour blanchiment d’argent et fraude fiscale.
Ils étaient au tribunal pour l’audience de leur procès en appel, qui a débuté ce mois-ci.
Leurs avocats avaient demandé la libération provisoire des journalistes dans l’attente du verdict, ainsi qu’un report afin de mieux coordonner leur défense.
Le tribunal a rejeté leur demande de libération mais a accepté de suspendre le procès jusqu’au 12 mai.
« Nous sommes fatigués. Cela doit cesser », a déclaré Inès, la fille de Zeghidi. AFP plus tôt mardi.
Les hommes ont été arrêtés en mai 2024 pour des déclarations considérées comme critiques à l’égard du gouvernement de Saied, faites à la radio, à la télévision et sur les réseaux sociaux.
Ils devaient être libérés en janvier 2025, mais sont restés en détention en raison des nouvelles accusations.
« Nous demandons qu’il soit mis fin au harcèlement judiciaire. Un journaliste ne peut être poursuivi en justice pour son travail journalistique », déclare Oussama Bouagila, directeur Afrique du Nord de RSF. AFP.
Des partisans s’étaient rassemblés devant le palais de justice, tandis que des diplomates de Belgique, du Royaume-Uni et des Nations Unies assistaient à l’audience.