Tunisie : Les retraités au cœur d’un projet de loi sur l’activité, la dignité et les droits nouveaux (Déclaration)

Le député Fakhri Abdelkhalek, l’un des initiateurs du projet de loi n°30 de 2026 portant soutien aux retraités, a déclaré à Tunisie Numérique que le texte vise près de 1,2 million de citoyens tunisiens.

Selon lui, la retraite est désormais associée, dans bien des cas, à l’isolement social et à des difficultés financières, notamment dues à l’inflation et à la hausse du coût de la vie.

De l’aide sociale au vieillissement actif

Fakhri Abdelkhalek a expliqué que l’initiative vise à dépasser la logique de l’aide sociale vers la notion de « vieillissement actif ».

L’objectif est de mieux réinsérer les retraités dans la vie économique et sociale, tout en valorisant les compétences et l’expérience qu’ils ont accumulées au fil des années.

Le député a souligné que les retraités ne sont « pas un fardeau », mais plutôt, selon ses propres termes, « un réservoir d’expérience » dont la Tunisie a aujourd’hui besoin pour soutenir l’économie et assister les institutions, notamment dans les domaines du conseil, de la formation et du mentorat.

Lever l’interdiction de cumuler pension et revenus

L’article 5 du projet de loi prévoit la levée de l’interdiction de cumuler une pension de retraite avec les revenus d’une autre activité exercée par le retraité.

Le texte propose également d’exonérer les employeurs de 30 % de cotisations sociales lors du recrutement de retraités expérimentés pour des missions de conseil ou de formation.

Fakhri Abdelkhalek a précisé que cette mesure ne vise pas les emplois administratifs ordinaires et n’a pas pour but de concurrencer les jeunes sur le marché du travail. Il cherche plutôt à bénéficier de l’expertise des retraités dans des domaines précis, tels que le conseil, la formation et l’encadrement.

Selon lui, la réduction proposée de 30 % des cotisations sociales pour les entreprises employant des retraités contribuerait à alléger la pression sur les fonds de sécurité sociale et à créer un nouvel élan économique, sans affecter les opportunités d’emploi pour les jeunes.

Avantages touristiques et culturels

Le projet de loi prévoit également une série d’avantages pour les retraités.

Il propose d’accorder aux retraités et à leurs conjoints une réduction d’au moins 40 % sur les tarifs appliqués par les hôtels classés et les établissements touristiques, hors périodes de pointe.

Le texte prévoit également une réduction d’au moins 50 % sur le prix des billets pour les festivals culturels financés par l’État.

Ces avantages seraient accordés au travers d’une carte dite « Carte Loisirs Retraités », délivrée dans des conditions et modalités à fixer par décret.

Exonération des droits d’entrée aux musées et monuments

Le texte propose également d’exonérer les retraités des droits d’entrée dans les musées et monuments historiques.

Cette mesure vise à renforcer leur participation à la vie culturelle et à faire respecter leur droit aux loisirs, à l’inclusion sociale et à l’accès aux espaces culturels.

Selon les auteurs de l’initiative, ces dispositions s’inscrivent dans une vision plus large qui considère la retraite comme une nouvelle phase d’activité et de participation, et non comme une période de retrait de la vie publique.

Des auditions attendues au Parlement

Fakhri Abdelkhalek a indiqué que la commission de la santé, de la femme, de la famille, des affaires sociales et des personnes handicapées de l’Assemblée des représentants du peuple s’est saisie du projet de loi.

Des auditions devraient être programmées avec les initiateurs du texte, le ministère des Affaires sociales, des représentants des retraités et des experts de la sécurité sociale.

Ces auditions auront pour objectif d’assurer une formulation juridique solide et applicable, prenant en compte les équilibres sociaux et financiers tout en répondant aux attentes des retraités.

Un message aux retraités

Le député a adressé un message aux retraités, affirmant que « votre voix a été entendue ».

Il a également souligné que le projet de loi représente « un droit et non un privilège », ajoutant que les efforts se poursuivront pour qu’il soit adopté dans les plus brefs délais, dans le but de préserver la dignité des retraités tunisiens et de maintenir leur rôle de contributeurs actifs au développement du pays.

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