Les peines sévères prononcées par la chambre spécialisée antiterroriste du tribunal de première instance de Tunis dans l’affaire largement connue sous le nom de « l’appareil secret du mouvement Ennahda » ont suscité une large condamnation.
Les verdicts comprenaient une peine de prison à perpétuité plus 30 ans contre l’ancien président du Parlement et leader du mouvement Ennahda Rached Ghannouchi (84 ans), ainsi que d’autres peines sévères visant un certain nombre de dirigeants politiques et d’anciens responsables.
La nature de ces sanctions suscite de sérieuses inquiétudes quant à leurs répercussions sur le paysage politique et des droits humains en Tunisie. Les affaires à caractère politique exigent les normes les plus élevées d’indépendance judiciaire, de garanties d’un procès équitable et de droits de la défense.
Ces verdicts interviennent dans un contexte d’inquiétudes croissantes en matière de droits humains concernant les libertés publiques et l’indépendance des institutions judiciaires, dans un contexte de poursuites qui ont visé un certain nombre d’hommes politiques, de journalistes, d’avocats et de militants ces dernières années.
La lutte contre le terrorisme et la sécurité nationale ne doivent pas être poursuivies au détriment des garanties fondamentales d’un procès équitable ou des droits protégés par la Constitution et les conventions internationales des droits de l’homme, y compris les droits des accusés à la défense, la présomption d’innocence et l’indépendance judiciaire.
Dans ce contexte, Tawakkol Karman, présidente de Femmes journalistes sans chaînes et lauréate du prix Nobel de la paix, a estimé que les condamnations successives prononcées contre Rached Ghannouchi représentent une prolongation de la régression démocratique que connaît la Tunisie depuis 2021, reflétant le rétrécissement continu des libertés publiques et de l’opposition politique.
Elle a salué le rôle intellectuel et politique de Ghannouchi dans la défense des valeurs de liberté, de démocratie, de pluralisme et de transfert pacifique du pouvoir, soulignant que le recours à la prison et aux poursuites judiciaires pour régler les différends politiques ne contribue pas à surmonter les crises que connaît la Tunisie, mais menace plutôt les acquis liés aux libertés, à l’État de droit et au pluralisme politique.
Préoccupations humanitaires et sanitaires
L’état de santé critique de plusieurs détenus, au premier rang duquel Rached Ghannouchi, 84 ans, exige une attention immédiate, soulignant la nécessité urgente de respecter les considérations humanitaires et sanitaires conformément aux normes internationales pour le traitement des prisonniers.
Position institutionnelle
Les peines prononcées dans l’affaire des « Appareils secrets » marquent une grave rupture avec les principes de justice. Ils portent atteinte à l’indépendance judiciaire, érodent les garanties d’un procès équitable et aggravent la régression démocratique de la Tunisie. Le recours à des mesures punitives dans les conflits de nature politique ne résout pas les crises nationales ; elle renforce la répression, restreint le pluralisme et affaiblit la confiance du public dans l’État de droit. Un examen immédiat de ces procédures est essentiel pour garantir le respect des garanties constitutionnelles et des normes internationales en matière de droits de l’homme.
Des demandes alignées sur les principes internationaux des droits de l’homme
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Demande
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Principe juridique international
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Garantir l’indépendance du pouvoir judiciaire et veiller à ce que toutes les garanties d’un procès équitable soient respectées
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Le droit à un procès équitable et à l’indépendance judiciaire (DUDH art. 10 ; PIDCP art. 14 ; Principes fondamentaux des Nations Unies relatifs à l’indépendance du pouvoir judiciaire)
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Respecter le droit à la défense et veiller à ce que la présomption d’innocence soit respectée dans toutes les procédures
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Le droit à la défense et la présomption d’innocence (PIDCP, art. 14(2) à (3) ; Lignes directrices des Nations Unies sur le rôle des procureurs)
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Examiner les procédures affectant l’exercice des droits et libertés fondamentaux pour les aligner sur les obligations internationales de la Tunisie en matière de droits de l’homme
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L’obligation de respecter et de garantir les droits (PIDCP, art. 2 ; Convention de Vienne sur le droit des traités)
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Créer un environnement juridique et politique garantissant le pluralisme politique, la liberté d’opinion et d’expression, et renforçant la confiance dans les institutions judiciaires en tant que piliers fondamentaux de l’État de droit.
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Le droit à la liberté d’expression et à la participation politique (DUDH, articles 19 et 21 ; PIDCP, articles 19 et 25)
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Respecter les considérations humanitaires et sanitaires pour les détenus âgés et malades conformément aux normes internationales
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Le droit à un traitement humain et à la santé en détention (PIDCP, art. 10 ; Ensemble de règles minima des Nations Unies pour le traitement des détenus — Règles Nelson Mandela, règles 24 à 35)
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Publié par :
Femmes journalistes sans chaînes
Genève, Suisse — 5 juin 2026