Le port commercial de Zarzis a lancé sa toute première activité de transport de conteneurs, marquant une étape historique avec l’arrivée de son premier porte-conteneurs le dimanche 26 avril 2026.
La nouvelle ligne maritime relie désormais le port de Zarzis au port de Radès, dans la banlieue sud de Tunis, ainsi qu’aux ports de Gioia Tauro en Italie et de Tripoli en Libye.
Environ 407 conteneurs vides ont été réceptionnés et seront distribués aux entreprises locales, avant d’être rechargés et réexportés via Zarzis d’ici mi-mai 2026.
En parallèle, l’autorité portuaire prévoit de réaliser des opérations de dragage d’ici la fin de l’année. Les travaux visent à approfondir le bassin portuaire et le chenal d’accès pour accueillir des navires plus gros, améliorant ainsi la compétitivité et la capacité du port, y compris pour les futures activités de croisière touristique.
Les autorités locales estiment que l’introduction de l’activité conteneurisée et la diversification des routes maritimes pourraient devenir un moteur majeur du développement économique du sud tunisien.
Un virage tant attendu pour les entreprises régionales
Une décision attendue depuis des années par les opérateurs économiques de la région. Jusqu’à présent, Zarzis manquait de services conteneurisés, obligeant les exportateurs à s’appuyer sur d’autres infrastructures portuaires, notamment Radès, avec des conséquences directes sur les coûts logistiques, les délais de livraison et la compétitivité de plusieurs industries locales.
En pratique, le port de Zarzis est resté spécialisé dans le trafic de vrac, notamment d’hydrocarbures, de sel marin et d’huile d’olive, ainsi que de marchandises générales.
Son trafic annuel est estimé à environ 1,2 million de tonnes, dominé par les exportations de sel (près de 80%) et les importations de produits pétroliers à destination du sud tunisien et des infrastructures stratégiques comme les aéroports de Djerba-Zarzis et de Gabès.
Au cours des dernières années, plusieurs projets ont été entrepris pour maintenir la capacité opérationnelle du port et préparer son évolution.
Les opérations de dragage ont déjà permis de restaurer des profondeurs de près de 11 mètres pour assurer la sécurité de la navigation et accueillir des navires plus gros.
Pourtant, malgré ces efforts, le manque de lignes régulières de conteneurs reste une faiblesse structurelle. Les autorités portuaires elles-mêmes ont reconnu que cette limitation nuisait à l’attractivité du site et réduisait son intégration dans les circuits commerciaux internationaux.
Aujourd’hui, l’établissement d’un lien avec Radès, mais aussi avec l’Italie et la Libye, comble un vide longtemps décrié par les exportateurs et les acteurs économiques locaux.