Tunisie: Le déficit commercial dépasse les 10 milliards de dinars

Tunis – La Tunisie a enregistré une augmentation significative de son déficit commercial au cours des cinq premiers mois de 2026, pour atteindre 10.415,6 millions de dinars, contre 8.365,7 millions de dinars au cours de la même période en 2025.

Les données de l’Institut national des statistiques révèlent des pressions croissantes provenant principalement

de la hausse de la facture énergétique. Cela a eu un impact négatif sur les indicateurs du commerce extérieur.

Le ratio de couverture des importations par les exportations a diminué

Selon le bulletin de l’institut, la valeur des exportations s’est élevée à 28.169,8 millions de dinars, tandis que les importations ont bondi à 38.585,4 millions de dinars.

Cette disparité, résultant d’une hausse de 5% des exportations contre une hausse de 9,6% des importations,

conduit à une diminution du taux de couverture des importations à seulement 73 %.

En revanche, le ratio était de 76,2 % l’année dernière. Cela met en évidence l’écart grandissant

entre le rythme de la consommation étrangère et la capacité de production nationale.

Le secteur de l’énergie : premier responsable du creusement du déficit

Le secteur de l’énergie reste le principal responsable de ce déficit ; le déficit commercial dans ce secteur s’est creusé

à 5.826,2 millions de dinars au cours des cinq premiers mois de 2026, contre 4.332,5 millions de dinars en 2025.

Malgré la croissance des exportations de certains produits raffinés, les importations d’énergie ont augmenté de 35,1 %.

En revanche, d’autres secteurs ont affiché des performances mitigées ; les exportations de phosphates et de leurs dérivés ont diminué de 31,8%,

tandis que les industries mécaniques et électriques et les produits agricoles ont enregistré des résultats positifs.

Géographiquement, l’Union européenne reste le partenaire commercial le plus important de la Tunisie, recevant 71,5% des exportations et 44,2% des importations.

Au niveau arabe, les exportations tunisiennes ont connu une augmentation significative vers l’Egypte et l’Arabie Saoudite.

En revanche, ils ont diminué avec les partenaires maghrébins (Maroc, Algérie et Libye).

Le point de vue des experts : une crise structurelle nécessitant des solutions radicales

Le spécialiste des affaires économiques Abdel Basset Al-Sammari a confirmé que la crise n’est pas seulement une question de chiffres comptables,

mais plutôt une crise structurelle de la production, de l’énergie et de la compétitivité.

Al-Sammari a expliqué que le déficit commercial, hors secteur énergétique, diminue à 4.589,4 millions de dinars.

Il a également souligné que les recettes touristiques et les envois de fonds des Tunisiens de l’étranger (6,3 milliards de dinars)

ont réussi à absorber une grande partie du choc, mais elles ne remplacent pas les réformes.

Al-Sammari a souligné que « la vraie bataille est celle de l’énergie et de la production ».

considérant que dépendre des envois de fonds des expatriés et du tourisme

car la première ligne de défense nécessite de détourner ces flux vers des investissements productifs.

Il a souligné que le retard dans l’accélération des projets d’énergies renouvelables

et l’amélioration de l’efficacité énergétique restera le principal facteur qui draine les devises fortes.

C’est pour cette raison qu’il a appelé à la nécessité de développer des politiques sérieuses pour accroître la valeur ajoutée de l’économie nationale.

Au lieu de simplement traiter les symptômes superficiels du handicap.