Sortie humiliante : l’expérience éphémère de la Tunisie en Coupe du Monde met à nu de profonds dysfonctionnements

La sortie humiliante de la Tunisie de la Coupe du monde 2026 après deux lourdes défaites contre la Suède et le Japon a porté un coup dur aux supporters des Aigles de Carthage, qui affirment que cela a mis à nu des années de dysfonctionnement au sein de la fédération de football.

L’équipe, qui est entrée dans l’histoire en 1978 en devenant la première nation africaine à remporter un match de Coupe du monde, espérait un meilleur tournoi cet été.

Mais avec neuf buts encaissés en deux matches et l’entraîneur français Sabri Lamouchi limogé après le premier – une défaite 5-1 contre la Suède – de nombreux Tunisiens ont été confrontés à une réalité différente.

Au-delà des performances des joueurs, ils accusent un système sportif national profondément défectueux.

« L’effondrement de l’équipe nationale contre la Suède et le Japon a levé le voile sur la ‘mafia du football’ dont tout le monde réclame aujourd’hui le démantèlement, avant de repartir de zéro et de reconstruire notre football », écrit le quotidien arabophone AlChourouk.

Le journal francophone Le Temps a affirmé que le football tunisien « est miné depuis de nombreuses années par le clientélisme et les luttes intestines entre clubs ».

Cela a conduit à la sélection de joueurs indignes pour l’équipe nationale, ajoute le journal.

Le média d’enquête Inkyfada a affirmé qu’il existait une « politique de quotas officieuse » selon laquelle certains joueurs locaux étaient appelés uniquement « pour satisfaire les grands clubs de la ligue nationale et garantir que chacun reçoive sa part de compensation de la FIFA ».

La fédération tunisienne de football n’a pas répondu aux demandes de commentaires de l’AFP.

Les choses pourraient encore empirer pour les joueurs tunisiens réprimandés, dont le dernier match jeudi soir aura lieu contre les Pays-Bas, leaders du Groupe F, avant leur retour chez eux.

Et chez nous, la Coupe du monde n’a pas suscité un grand enthousiasme.

L’élimination précoce de l’équipe, aggravée par le coup d’envoi des matches en pleine nuit en raison du décalage horaire, de nombreux supporters se sentent déjà désengagés.

« J’avais réglé mon réveil, mais à la dernière minute j’ai changé d’avis et je me suis rendormi », a déclaré à l’AFP un propriétaire de café de Tunis après le match contre le Japon.

Beaucoup ont également rappelé les déclarations faites par l’ancien milieu de terrain de Manchester United, Hannibal Mejbri, suite à l’élimination de la Tunisie de la Coupe d’Afrique des Nations en janvier.

« Nous rêvons beaucoup, mais nous ne travaillons pas assez », avait déclaré Mejbri, d’origine française. « Il faut vraiment se poser des questions car nous avons pris beaucoup de retard. »

Même si le nouvel entraîneur Hervé Renard, qui a remplacé son compatriote Lamouchi peu avant la victoire 4-0 de la Tunisie contre le Japon, trouve les réponses jeudi, son sort à long terme au sein de la turbulente fédération reste incertain.

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