Une étude pionnière a révélé deux types spécifiques de neurones qui sont affectés par les personnes souffrant de dépression, ce qui ouvre la porte au développement de traitements plus précis et améliore la compréhension scientifique de ce trouble psychologique.
Dans une décision scientifique décrite comme un piratage, des chercheurs de l’Université de McGil et de l’Institut Douglas au Canada ont annoncé la découverte de deux types spécifiques de cellules cérébrales montrant des changements clairs chez les personnes souffrant de dépression.
L’étude, publiée dans Nature Genetics, peut ouvrir la voie à des traitements ciblant directement ces cellules, ainsi que pour fournir de nouvelles visions sur la base biologique de la dépression, qui affecte des millions de personnes dans le monde.
« Pour la première fois, nous avons pu identifier les types de cellules cérébrales affectées par la dépression en intégrant la carte de l’activité génétique avec les mécanismes d’organisation du code génétique.
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Une banque de cerveau rare ouvre de nouveaux horizons. L’équipe s’est appuyée sur de rares échantillons de tissus cérébraux après la mort, collectés par la banque de cerveau canadienne Douglas-Bele, qui est l’une des rares ressources mondiales qui contiennent des dons de personnes souffrant de troubles psychologiques.
En utilisant les techniques du génome au niveau d’une cellule, les scientifiques ont analysé l’ARN et l’ADN de milliers de cellules cérébrales. Les résultats ont montré qu’une sorte de neurones passionnants responsables de la régulation de l’humeur et de la tension, ainsi qu’un sous-type de petites cellules gliales responsables du contrôle des infections, sont particulièrement affectés par les personnes souffrant de dépression.
Dans ces deux types de cellules, un grand nombre de gènes qui fonctionnent différemment, indiquant un défaut dans les principaux systèmes neurologiques.
Dépression … plus qu’une condition émotionnelle
Ces résultats confirment que la dépression n’est pas seulement une condition psychologique ou émotionnelle, mais est plutôt liée à des changements biologiques mesurables dans le cerveau. Les chercheurs prévoient dans la prochaine étape pour étudier comment ces changements cellulaires affectent la fonction cérébrale et si le ciblage peut conduire au développement de traitements plus efficaces.
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« Cette recherche a renforcé ce que la science nerveuse dit depuis des années: la dépression n’est pas seulement un sentiment, mais reflète plutôt de réels changements dans le cerveau », a déclaré Toritsky. Cette étude est considérée comme une étape importante vers une compréhension plus profonde de la dépression et le gaspillage des stéréotypes qui l’entourent, car il représente une lueur d’espoir pour trouver de nouvelles solutions de traitement pour ce trouble généralisé.