Alors que la Tunisie est confrontée à l’un des défis climatiques les plus graves de son histoire moderne, la gestion de l’eau ne peut plus se faire aveuglément.
Pour répondre à l’urgence du stress hydrique, l’Institut national de recherche pour le développement durable (IRD) vient de lancer « l’Atlas des acteurs de l’eau en Tunisie ».
Il ne s’agit pas d’une simple carte interactive, mais d’un véritable outil numérique destiné à interconnecter tous ceux qui recherchent sur le terrain des solutions pour économiser les ressources du pays.
Urgence eau et mise en réseau
Développée dans le cadre du programme spécifique « Coop’eaux » lancé en 2025, cette plateforme est le fruit des travaux menés par le Dr Alexis Sierra et les équipes de l’IRD en Méditerranée.
Ce projet accompagne directement les acteurs qui œuvrent au quotidien pour préserver cette ressource vitale, avec un enjeu humain : décloisonner le travail en silo et déclencher une coopération immédiate.
Sur le terrain, l’atlas permet à une jeune start-up ou à une association locale de trouver instantanément le chercheur ou l’établissement public indispensable à la réalisation d’un projet.
En cartographiant précisément qui fait quoi et où, l’outil offre une visibilité qui empêche plusieurs structures de mener les mêmes actions ou recherches dans leur coin sans jamais communiquer. Face à la gravité de la crise, cet atlas sert de guide d’aide à la décision pour une gestion de l’eau enfin partagée et durable.
Une carte ouverte à tous
Techniquement, cette carte en ligne géolocalise et identifie toutes les forces actives du secteur. La nouveauté majeure réside dans son ouverture : l’outil dépasse largement le cadre de l’administration publique.
Il rassemble sur une interface unique des ministères, des laboratoires de recherche scientifique, des associations de la société civile, des groupes de développement agricole et des acteurs privés comme des bureaux d’ingénierie et des start-up.
Présente en Tunisie depuis 1957, cette institution scientifique déploie son expertise dans une trentaine de pays dans le but de renforcer les capacités de l’enseignement supérieur et de la recherche chez ses partenaires.
Preuve de cet engagement partagé, l’institution publie plus de 1 300 articles scientifiques par an, dont 64 % sont des copublications signées main dans la main avec des chercheurs du Sud.