Le nouveau visage de l’hôtellerie tunisienne

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Les chaînes hôtelières les plus prestigieuses du monde s’installent en Tunisie, les unes après les autres, avec leurs standards, know how et concepts. Elles se nomment «Four Seasons & Resort», «Mövenpick», «Radisson», «Golden Tulip», «Anantara», «Marriott», « La Cigale ».. Une brise rafraîchissante et revigorante souffle sur la destination et façonne le nouveau le visage d’une destination qui se reconstruit. Moez Kacem ( www.tourism-view.com )

« Pour bien cuisiner il faut de bons ingrédients, un palais, du cœur et des amis ». Cette citation de Pierre Perret est toujours d’actualité pour avoir une bonne gastronomie mais est aussi parfaitement adaptée au tourisme. Pour développer un tourisme prospère, il faut avoir une hôtellerie segmentée, diversifiée et de qualité, un mode de gouvernance réactif et lucide, des partenaires nationaux et internationaux capables de valoriser les produits touristiques et enfin une armée d’employés passionnés et bien formés aux métiers du tourisme.

La présence des chaînes hôtelières internationales apporte une valeur ajoutée indiscutable au secteur. Ainsi, l’enjeu de la promotion et de la mise en avant de notre destination, ou de certaines régions, d’une manière structurée et ciblée est crucial. Les chaînes hôtelières internationales sont susceptibles de consolider les efforts de l’Etat et de ses institutions pour promouvoir la destination. Ceci se fait à travers les milliers de catalogues et de newsletters dispatchés à leurs clients dans les quatre coins du monde. Leur expertise en matière de communication, leur puissance en termes de force de vente et leur réseautage gigantesque, constituent des points forts desquels on tire indirectement profit.

Depuis l’année écoulée (et on prévoit que cela s’étendra sur les 5 prochaines années), l’implantation des chaînes hôtelières internationales (ou le renforcement de leur présence) fait la une des médias et ouvre une fenêtre d’espoir pour les professionnels et diplômés du secteur. Cependant, il ne faut pas négliger les chaînes tunisiennes qui œuvrent pour retrouver l’éclat de l’hôtellerie et qui ont joué, pendant des décennies, un rôle d’accélérateur du développement touristique en Tunisie.

Parmi les avantages tirés de la présence de grandes chaînes hôtelières internationales en Tunisie, on citera également l’amélioration de l’indice de confiance des investisseurs étrangers. A côté de plusieurs autres indicateurs fondamentaux (économiques, financiers, fiscaux et d’accessibilité), la présence des bons élèves de l’hôtellerie mondiale renvoie un signal rassurant pour investir dans le secteur. Opérant surtout dans le tourisme d’affaires et basées essentiellement dans la capitale et dans les grandes villes, ces hôtels permettent de redorer le blason d’un secteur fatigué par une crise conjoncturelle aiguë.

En 2017, le tourisme des affaires représentait 41% de l’activité touristique en Tunisie (rapport 2018 du WTTC). Une activité qui se voit développée et pérennisée avec la montée en gamme de l’hôtellerie, d’une part, et l’accroissement de la demande en matière de tourisme médical, qui fait usage des mêmes infrastructures hôtelières, d’autre part.

A côté du secteur touristique, l’immobilier peut pomper, lui aussi, une bouffée d’oxygène de l’implantation de ces chaînes étrangères. Ce secteur est en mesure de se réinventer pour diversifier ses marchés cibles et diminuer ses invendus. Aujourd’hui, et on le voit clairement sur le marché, les promoteurs les plus actifs et qui ont réussi à amortir l’effet de la crise sont ceux qui ont signé des partenariats avec des groupes hôteliers étrangers et qui croient au potentiel avéré du secteur touristique tunisien.

Dans l’ensemble, l’arrivée de nouvelles chaînes hôtelières et le renforcement de la présence pour celles qui sont déjà installées depuis plusieurs années, ne peuvent être qu’un facteur stimulant pour le développement touristique du pays. La synergie avec les chaînes nationales permet, entre autres, d’améliorer la qualité des prestations et du personnel.

Ce qu’en pensent les Pros 

Mehdi Allani et Houssem Ben Azzouz évaluent le début de l’impact des chaînes hôtelières internationales sur la destination 

Mehdi Allani: « Pas sans l’Open sky ! »

Mehdi Allani, CEO de l’hôtel Sentido Le Sultan, Président Régional de l’Hôtellerie du Cap Bon et membre du Bureau Exécutif de la Fédération Tunisienne de l’Hôtellerie (FTH) salue le tournant.

« Je pense que ce sont les prémices d’un tournant que commence à prendre l’hôtellerie tunisienne. Pour que ce virage se fasse avec succès, l’Open sky est un levier indispensable. Le Directeur de développement Afrique du Nord des hôtels Accor avait clairement indiqué que le groupe Accor ne prévoyait pas de développement des hôtels balnéaires en Tunisie sans Open Sky. Fait certain aujourd’hui, la Tunisie est en train de combler son retard dans l’hôtellerie haut de gamme. Autre constatation, ces hôtels luxueux et prestigieux rencontrent un grand succès et rassurent les futurs investisseurs. Aujourd’hui, l’hôtellerie va se scinder en 2 groupes. Ceux qui investissent dans la qualité et qui exigent des prix de vente respectables et ceux qui continuent de creuser le gouffre dans lequel ils sont déjà en misant uniquement sur le bradage.

Houssem Ben Azzouz :« C’est la Destination Tunisie qui y gagne »

Houssem Ben Azzouz, agent de voyages et Président de la Fédération Interprofessionnelle du Tourisme Tunisien (FI2T) met l’accent sur la confiance à l’international.

«Absolument. La tendance est là et tire le produit vers le haut. Les chaînes mondiales de plus en plus nombreuses qui s’installent en Tunisie mettent en confiance les clients à l’international. Au niveau local, cela crée une compétition saine qui stimule la performance. De toute façon, c’est la destination Tunisie qui y gagne ! »

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