Les négociations proposées, qui devraient recevoir le soutien lors de la réunion du Conseil suprême eurasien de cette semaine, signalent la poussée accélérée du bloc en Afrique alors que les alliances commerciales mondiales évoluent rapidement.
« En ce qui concerne l’agenda international, des décisions sont attendues sur l’ouverture de négociations avec la Tunisie en vue de la signature d’un accord de libre-échange », a-t-il ajouté. » a déclaré mardi 27 mai l’assistant du président russe, Iouri Ouchakov.
Cette décision place la Tunisie au centre d’une lutte d’influence géopolitique et économique croissante en Afrique, en Europe et dans la région méditerranéenne.
Stratégiquement située entre la mer Méditerranée et le désert du Sahara, la Tunisie est devenue de plus en plus attractive pour les partenaires commerciaux étrangers cherchant à accéder aux marchés européens et africains subsahariens.
L’économie du pays couvre les secteurs de l’agriculture, de l’industrie manufacturière, du tourisme, des mines, de l’énergie et de la technologie, ce qui en fait l’une des économies les plus diversifiées d’Afrique du Nord.
Les relations commerciales entre la Russie et la Tunisie se renforcent à mesure que les exportations touristiques et alimentaires augmentent
Mais les relations croissantes avec la Russie sont devenues particulièrement importantes alors que les échanges commerciaux entre la Tunisie et la Russie ont atteint environ 3,2 milliards de dollars en 2025, en grande partie grâce à l’augmentation des exportations russes de blé, d’orge, d’huile de tournesol, de produits carnés et de lait en poudre. La Tunisie, quant à elle, a accru ses exportations d’huile d’olive, de fruits de mer et de dattes vers le marché russe.
Le tourisme renforce également les liens entre les deux pays. Selon l’Union russe de l’industrie du voyage, la demande de vacances d’été en Tunisie a triplé l’année dernière par rapport à 2024, faisant du pays une destination de plus en plus prisée des voyageurs russes.
L’UEE, qui comprend la Russie, la Biélorussie, le Kazakhstan, l’Arménie et le Kirghizistan, a étendu de manière agressive son empreinte commerciale mondiale grâce à des accords de libre-échange avec des pays comme le Vietnam, Singapour, la Serbie, l’Iran, l’Indonésie, la Mongolie et les Émirats arabes unis.
L’Afrique apparaît désormais comme un axe majeur de cette stratégie.
Au-delà de la Tunisie, le bloc fait progresser les discussions avec l’Égypte et étudie d’éventuels accords commerciaux avec l’Afrique du Sud, le Zimbabwe, la Jordanie, le Pakistan, le Nigeria et l’Éthiopie, soulignant la concurrence croissante entre les puissances mondiales cherchant à renforcer leur influence économique sur le continent.