La Tunisie s’est classée 65ème au niveau mondial et 12ème en Afrique dans le nouveau Global Outsourcing Talent Index 2026, une étude approfondie évaluant la compétitivité de 193 pays dans l’externalisation des services.
L’indice, publié par le cabinet de conseil et de recrutement Ataraxis, dresse le portrait d’un marché qui reste fortement dépendant de la compétitivité des coûts tout en étant à la traîne des destinations de premier plan en termes de mesures qualitatives critiques telles que la maîtrise linguistique et la maturité numérique.
Le rapport place la Tunisie dans une « zone intermédiaire », mettant en évidence un contraste saisissant entre son fort attrait financier et les exigences émergentes de l’économie mondiale des services. Alors que le pays affiche un score presque parfait de 97 points sur 100 pour les coûts de main-d’œuvre, ce qui représente un avantage concurrentiel significatif, ses performances s’amenuisent considérablement dans d’autres piliers clés.
La nation a obtenu 40 points pour la maîtrise de l’anglais, 50 points pour la disponibilité des talents, 50 points pour la qualité de l’infrastructure numérique et 50 points pour la stabilité économique, juridique et politique.
Cette performance mitigée donne un score composite de 72,675 points à la Tunisie, la plaçant derrière ses concurrents régionaux comme l’Egypte (15ème mondial), le Ghana (17ème) et le Maroc (26ème).
« La compétitivité tunisienne en matière d’externalisation repose encore largement sur une logique de coûts », note l’analyse de l’indice. « Cependant, dans la nouvelle économie des services externalisés, la valeur évolue progressivement vers des critères plus qualitatifs : maîtrise linguistique, sophistication des talents, maturité numérique et stabilité institutionnelle. »
La carte changeante de l’externalisation en Afrique
Sur le continent africain, le paysage compétitif est dominé par l’Afrique du Sud et le Nigeria (à égalité avec un score de 83,45) et le Kenya (81,625). Le rapport note que ces nations leaders bénéficient d’améliorations progressives de l’infrastructure numérique et d’une intégration plus profonde dans les chaînes d’approvisionnement mondiales de services.
Le classement du Top 10 africain est largement déterminé par les pays d’Afrique de l’Est et de l’Ouest, notamment l’Éthiopie (23e en Afrique), l’Ouganda (24e) et le Ghana (17e).
L’indice souligne que l’Afrique n’est plus seulement une destination à bas prix ; elle s’impose comme un acteur important capable de rivaliser sur plusieurs segments du marché de l’externalisation.
À l’échelle mondiale, l’indice confirme la domination des marchés émergents qui ont réussi à passer d’un pur arbitrage de coûts à une prestation de services spécialisés à forte valeur ajoutée.
Les Philippines arrivent en tête du classement mondial avec un score de 90,65, grâce à une main-d’œuvre nombreuse et orientée vers les services et à une maîtrise de l’anglais exceptionnellement élevée, ancrée dans le système éducatif du pays.
Les Philippines sont suivies par la Malaisie (85,55) et l’Inde (85,4), le Chili et l’Afrique du Sud complétant le top cinq.