TUNIS (AFP) : Les autorités tunisiennes ont temporairement interdit la branche locale de l’importante ONG internationale Avocats Sans Frontières, a annoncé mardi la branche, quelques jours après qu’un autre groupe dirigeant ait été visé par une mesure similaire.
Le groupe de défense des droits de l’homme a déclaré à l’AFP avoir été suspendu pour 30 jours, mais n’a pas fourni de détails sur les raisons de cette décision.
Dans un communiqué, ASF en Tunisie a condamné cette interdiction comme « une atteinte injustifiée à la liberté d’action civile et un ciblage clair des espaces indépendants qui s’efforcent de servir le bien public et de promouvoir les valeurs de solidarité, de justice et d’État de droit ».
« L’organisation conserve pleinement son droit de se défendre et de… faire appel de cette décision. »
Cette suspension temporaire intervient dix jours après que la Ligue tunisienne des droits de l’homme (LTDH) – lauréate du prix Nobel de la paix 2015 avec trois autres groupes – ait également vu ses activités suspendues pendant un mois.
La Tunisie est sortie du Printemps arabe en tant que démocratie, mais le président élu Kais Saied a organisé une prise de pouvoir radicale en 2021 et les groupes de défense des droits ont depuis critiqué un recul majeur des libertés.
Saied a accusé les ONG de recevoir des fonds suspects « d’énormes sommes » de l’étranger, ce qu’il a qualifié d’« ingérence flagrante » dans les affaires tunisiennes.
À l’automne de l’année dernière, au moins 17 ONG avaient reçu des ordonnances de suspension pour un mois.
Parmi elles, deux des organisations les plus connues du pays, le Forum tunisien des droits sociaux et économiques (FTDES) et l’Association des femmes démocrates (ATFD).