L’Algérie et la Tunisie envisagent de construire conjointement un nouveau câble sous-marin de télécommunications reliant les deux pays à l’Italie, selon le ministère algérien des Postes et Télécommunications, cité par écofinancement.
Cette annonce a été faite samedi à l’issue de la quatrième réunion de la Commission technique mixte algéro-tunisienne des télécommunications, tenue à Tunis lors de la visite du ministre algérien Sid Ali Zerrouki, selon la même source.
Le câble prévu est conçu pour étendre la capacité de transmission internationale de données entre l’Afrique du Nord et l’Europe, dans un contexte de demande croissante de services numériques, de cloud computing et de plateformes en ligne. Les deux parties ont également convenu de moderniser la liaison terrestre en fibre optique existante entre l’Algérie et la Tunisie afin de renforcer la résilience des infrastructures de connectivité régionale.
Élargir la capacité numérique régionale
Cette initiative intervient alors que les deux pays maintiennent déjà une connectivité internationale établie avec l’Europe.
L’Algérie est actuellement reliée via le câble Orval-Alval à l’Espagne et le système Medex à la France, tandis que la Tunisie exploite plusieurs liaisons méditerranéennes, dont le câble Keltra vers l’Italie. La Tunisie devrait également accueillir un point d’atterrissage pour le projet de câble sous-marin Medusa, un réseau de 8 760 kilomètres reliant neuf pays méditerranéens.
La nouvelle liaison devrait fournir aux deux pays un accès plus direct aux pôles numériques méditerranéens, soutenant potentiellement l’expansion des centres de données, des services de cloud computing et des applications émergentes d’intelligence artificielle.
Le projet s’aligne sur des ambitions régionales plus larges visant à positionner l’Afrique du Nord comme un corridor numérique stratégique reliant l’Europe, l’Afrique et le Moyen-Orient.
Programme de coopération numérique plus large
Outre le projet de câble sous-marin, les discussions entre les deux parties ont porté sur des domaines plus larges de coopération numérique, notamment les efforts visant à réduire les frais d’itinérance mobile pour les utilisateurs et les entreprises transfrontaliers.
Les délégations ont également exploré la collaboration sur les technologies de l’Internet des objets (IoT) par satellite, visant à étendre les applications de connectivité numérique.
Sur le plan technique, l’Algérie et la Tunisie ont convenu de créer un groupe de travail conjoint pour améliorer la coordination des réseaux mobiles dans les régions frontalières et réduire les interférences radiofréquences.
L’initiative devrait également contribuer à l’élaboration d’une position commune en amont de la Conférence mondiale des radiocommunications de 2027, selon la même source.