La Triennale d’architecture de Sharjah (SAT) présente Un voyage dans les archives d’architecture : Bagdad, Damas, Tunisorganisée par George Arbid, visible du 2 mai au 12 juillet 2026 à l’école Al Qasimiyah. Développé dans le cadre du programme de recherche à long terme de la SAT, le projet poursuit l’engagement de l’institution à documenter et à sauvegarder les archives architecturales à travers le monde arabe. Rassemblant des documents d’archives, des modèles physiques et des films récemment commandés, l’exposition examine comment les histoires architecturales sont construites, préservées et revisitées au fil du temps.






S’appuyant sur l’édition 2023, Un voyage dans Archives architecturales : Beyrouth, Caire, Rabatle projet continue d’élargir sa portée géographique et institutionnelle tout en restant axé sur la production de connaissances ancrées dans les contextes locaux. L’initiative plus large vise à contribuer à une infrastructure d’archives partagée en connectant des collections dispersées et en favorisant la collaboration entre les chercheurs, les institutions et les praticiens indépendants. Cette deuxième itération reflète un effort continu visant à cartographier les histoires architecturales de la région, en positionnant les archives comme des sites d’enquête actifs plutôt que comme des dépôts statiques.

En réponse à l’instabilité politique et matérielle persistante dans certaines parties de la région, l’édition 2026 adopte le format d’une « Salle des collections ». Ce changement reflète une méthodologie de conservation en évolution qui s’éloigne de la présentation d’expositions conventionnelles vers un engagement plus soutenu et axé sur la recherche avec les documents d’archives. L’approche met également en avant la condition précaire des archives architecturales de la région, dont beaucoup restent fragmentées, sous-documentées ou risquent de se perdre, tout en soulignant leur importance en tant que référentiels de mémoire collective et de connaissances architecturales.
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Centrée sur Bagdad, Damas et Tunis, l’exposition rassemble des dessins, des documents, des photographies et des modèles datant principalement des années 1930 aux années 1980. Les matériaux, provenant à la fois de collections privées et d’archives institutionnelles, reflètent une période marquée par l’ambition civique, l’expérimentation et des processus de conception principalement dessinés à la main. Les dessins à la plume, les documents sur papier texturé et les nouveaux modèles imprimés en 3D mettent en valeur les qualités tactiles de la production architecturale tout en révélant comment les projets ont été conçus, développés et communiqués.

Les œuvres sélectionnées documentent des bâtiments réalisés aux côtés de projets qui ont été modifiés, démolis ou jamais construits, les présentant comme faisant partie d’un récit architectural continu. Parmi les matériaux figurent des archives de l’Hôtel du Lac à Tunis de Raffaele Contigiani, actuellement soumises à des débats sur la préservation, ainsi que des projets civiques modernistes à Bagdad, comme le bâtiment de la mairie d’Hisham Munir, développé à la suite d’un concours de 1978. La documentation des structures du cinéma expérimental à Damas reflète en outre la diversité de la production architecturale, tout en soulignant les conditions sociopolitiques et économiques plus larges qui ont façonné ces trajectoires.
Ce projet a une vision à long terme de contribuer à des archives architecturales complètes et accessibles pour la région. Il favorise l’éducation, la recherche et la découverte personnelle, offrant une compréhension à plusieurs niveaux du passé, du présent et des futurs possibles de l’environnement bâti dans ces trois villes. Dans les moments de conflit, notre rôle va au-delà de la présentation de l’histoire : il s’agit également de prendre soin des histoires que nous détenons. C’est formidable que ces archives soient préservées, mais plus important encore, elles devraient être utilisées. – George Arbid, conservateur, architecte et directeur fondateur du Centre arabe d’architecture de Beyrouth

Poursuivant cette enquête, le projet présente trois films documentaires réalisés par George Arbid et commandés par la SAT, tournés sur place à Bagdad, Damas et Tunis. Les films combinent recherche archivistique, travail de terrain et histoires orales, mettant en vedette les contributions d’architectes, d’archivistes, de résidents et d’historiens. Ce faisant, ils présentent les archives comme un support dynamique et évolutif qui continue de façonner la façon dont l’architecture est comprise, mémorisée et réinterprétée.
Le projet comprend également un programme public marquant l’ouverture le 2 mai, au cours duquel Arbid prononcera une conférence en ligne suivie d’une table ronde et d’une séance de questions-réponses reliant les contributeurs de toute la région. Parmi les participants figurent Salma Gharbi, Zaid Issam, Ahmad Salah et Ola Seif, qui réfléchiront aux défis et aux méthodologies impliqués dans le travail avec les archives architecturales. Grâce à sa portée élargie et à son approche multiformat, l’exposition renforce les efforts continus de la SAT pour soutenir la recherche, favoriser le dialogue et assurer l’accessibilité et l’activation continues des archives architecturales dans le monde arabe.

Grâce à son approche multi-échelle, l’exposition renforce le programme plus large de la Triennale d’architecture de Sharjah visant à faire progresser la recherche et le dialogue sur le patrimoine architectural, tout en étant en résonance avec d’autres développements récents dans la région. Des initiatives telles que la bibliothèque du patrimoine de Deir ez-Zor, dans l’est de la Syrie, mettent en évidence les efforts en cours axés sur la documentation, la préservation et la reconstruction dans des contextes façonnés par le conflit. Dans le même temps, l’impact de l’instabilité continue sur les infrastructures culturelles et quotidiennes a suscité un regain d’attention de la part d’organisations telles que l’UNESCO, qui continue de mettre l’accent sur la protection du patrimoine dans les cadres internationaux.