Au milieu de la pénurie de carburéacteur en Europe, où les importations représentent environ 40 % de la consommation de carburant, une incertitude importante plane sur les agences de voyages européennes et sur le marché européen, un pilier clé du secteur touristique tunisien. Cette crise affectera-t-elle les voyages vers et à l’intérieur de la Tunisie ?
Mohamed Abdellatif Chaibi, expert en Conseil en Data et Modélisation, était l’invité de Tunisie Numérique jeudi 23 avril, pour discuter de l’impact de la pénurie de carburéacteur en Europe sur le trafic aérien et l’activité touristique en Tunisie.
« L’impact de la crise dépend du prix du carburéacteur et des autres carburants. Ce prix est très volatil en raison du contexte géopolitique mondial. Entre mars 2026 et le mois d’avril en cours, le prix de la tonne de carburéacteur a plus que doublé, passant de 800 dollars à environ 2 000 dollars. Avec la pénurie, le coût du carburéacteur, qui représente environ 50% du prix des billets d’avion, entraînera sûrement une augmentation du prix des vols long-courriers », explique Mohamed. Abdellatif Chaïbi.
Le scénario le plus réaliste pour les réservations touristiques et les voyagistes, ajoute Chaïbi, serait l’annulation des vols long-courriers, dits « destinations de rêve », ou une augmentation d’environ 100 euros du prix d’un billet, actuellement en discussion.
« Pour éviter cette hausse des prix, le déplacement des destinations vers des localisations plus proches sera également une solution pour les grands tour-opérateurs européens pour compenser le surcoût des vols long-courriers. Mais cela dépend aussi des contrats signés. Cette alternative représente une opportunité pour les professionnels du tourisme tunisiens », explique Chaibi, notant que la saison touristique en Tunisie devrait rester dynamique et de bonne qualité.
« Je ne crois pas que la situation va s’aggraver pour le tourisme tunisien. Il existe également une alternative avec les touristes maghrébins, qui représentent une part importante des revenus touristiques de la Tunisie. À mon avis, il faudrait davantage soutenir les investisseurs tunisiens de manière rigoureuse et vigoureuse pour améliorer l’offre touristique locale », conclut Mohamed Abdellatif Chaibi.
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