Le doyen de l’Ordre tunisien des ingénieurs, Mohsen Gharsi, a déclaré que le développement du secteur de l’huile d’olive en Tunisie dépend désormais inévitablement de la modernisation de l’ensemble de la chaîne de production, de la récolte au stockage, en passant par la transformation et la commercialisation.
Selon lui, ce secteur, qui concerne directement près d’un million de personnes, constitue l’un des piliers de l’économie tunisienne. À ce titre, elle nécessite une approche plus moderne pour préserver la qualité des produits, améliorer la rentabilité et renforcer la compétitivité sur les marchés locaux et internationaux.
Un appel à abandonner les méthodes traditionnelles
S’exprimant en marge d’une journée nationale d’étude organisée à Sfax à l’occasion de la Journée de l’agriculture, Mohsen Gharsi a souligné la nécessité d’abandonner les méthodes traditionnelles et rudimentaires de récolte des olives.
Il a appelé à l’adoption de techniques modernes capables de préserver les caractéristiques naturelles de l’huile d’olive tunisienne, tout en améliorant les rendements et en réduisant les pertes enregistrées aux différentes étapes de production.
Une journée d’étude réunissant ingénieurs, députés et agriculteurs
La ville de Sfax a accueilli la journée d’étude sous le thème : « De la crise à l’opportunité : des solutions d’ingénierie innovantes pour sauver la filière oléicole ».
L’événement était organisé par l’Ordre tunisien des ingénieurs, en partenariat avec la Commission de l’agriculture, de la sécurité alimentaire et de la pêche maritime de l’Assemblée des représentants du peuple.
La rencontre a regroupé parlementaires, experts, ingénieurs et agriculteurs, dans le but de rapprocher décideurs, spécialistes et acteurs de terrain autour des défis auxquels est confrontée la filière oléicole tunisienne.
Le stockage en plastique critiqué
Mohsen Gharsi a également mis en garde contre le stockage de l’huile d’olive dans des récipients en plastique, une pratique qui, selon lui, nuit à la qualité du produit.
Il a expliqué que cette méthode de stockage peut entraîner la perte de certaines propriétés naturelles et nutritionnelles de l’huile, appelant plutôt à des méthodes de stockage plus saines et plus adaptées afin de préserver sa valeur nutritionnelle et commerciale.
Miser sur la valeur ajoutée
Le doyen de l’Ordre tunisien des ingénieurs a souligné que l’huile d’olive représente un véritable bien national. Toutefois, le développement du secteur ne peut se limiter à l’augmentation de la production.
Selon lui, le principal défi réside dans la création de valeur ajoutée à travers la transformation, le conditionnement et une commercialisation plus moderne, afin de mieux positionner l’huile d’olive tunisienne sur les marchés internationaux.
Technologie, formation et recherche scientifique au cœur des solutions
Mohsen Gharsi a également souligné l’importance d’investir dans la technologie, la formation et la recherche scientifique.
Selon lui, l’introduction de solutions techniques modernes dans la récolte, le stockage et la création de valeur pourrait contribuer à améliorer la productivité, réduire les pertes, créer de nouvelles opportunités d’emploi et soutenir durablement l’économie nationale.
Quand la législation rencontre le terrain
La présence de la commission de l’agriculture, de la sécurité alimentaire et de la pêche maritime de l’Assemblée des représentants du peuple, ainsi que de plusieurs députés, a été présentée comme un signal fort en faveur d’un rapprochement du travail législatif avec les réalités du terrain.
Les participants ont souligné que le secteur agricole, et en particulier le secteur oléicole, a besoin de lois et de mesures qui tiennent compte des spécificités régionales, ainsi que des besoins des agriculteurs, des professionnels et des ingénieurs.
Une démarche collective pour sauver un secteur vital
La réunion a rappelé que les difficultés auxquelles est confronté le secteur oléicole ne peuvent être résolues par les agriculteurs seuls, ni par des ingénieurs ou des députés agissant séparément.
La relance de ce secteur stratégique nécessite une action commune mêlant prise de décision politique, expertise technique et expérience de terrain des producteurs, afin de construire une chaîne de production moderne capable de protéger la qualité de l’huile d’olive tunisienne et de renforcer sa présence sur les marchés mondiaux.
Que se passe-t-il en Tunisie ?
Abonnez-vous à notre chaîne Youtube pour les mises à jour.