Baisse de 40% des attaques contre les journalistes en Tunisie

Le rapport annuel sur l’état de la liberté de la presse en Tunisie, couvrant la période du 1er avril 2025 au 1er avril 2026, fait état d’une baisse de 40% du nombre d’agressions enregistrées contre les journalistes par rapport à la période précédente, avec 154 violations documentées, contre 267.

Zied Dabbar, président du Syndicat national des journalistes tunisiens, a expliqué lors d’une conférence de presse tenue aujourd’hui au siège du syndicat, que ce déclin ne reflète pas nécessairement une réelle amélioration de l’état de la liberté de la presse. Il l’attribue, d’une part, au déclin de l’activité journalistique et, d’autre part, à ce qu’il décrit comme un climat de peur qui conduit certains journalistes à s’abstenir de rapporter des violations, par crainte d’éventuelles pressions professionnelles.

Dabbar a indiqué que plusieurs journalistes font face à des poursuites judiciaires, avec des cas d’arrestation et d’emprisonnement, en application de plusieurs textes légaux, dont le décret-loi n° 54, ainsi que des dispositions du Code pénal et du Code des télécommunications. Il a également souligné l’incapacité à mettre en œuvre le décret-loi n° 115 sur la liberté de la presse, de l’imprimerie et de l’édition.

Il a également abordé la situation des institutions médiatiques, affirmant que le secteur est confronté à des défis liés aux pressions exercées sur les médias de toutes sortes, en plus des difficultés professionnelles et sociales vécues par les journalistes, notamment les retards dans le paiement des cotisations et les cas de licenciement.

Il a en outre annoncé que le syndicat s’orientait vers l’organisation d’actions de protestation, qui seront annoncées ultérieurement, tout en évoquant la possibilité de soumettre des propositions d’organisation lors du prochain congrès du syndicat.