Baccalauréat en Tunisie : Ridha Zahrouni explique pourquoi les filles sont plus nombreuses que les garçons parmi les candidats (Vidéo)

Ridha Zahrouni, président de l’Association tunisienne des parents et des élèves, a estimé que le nombre plus élevé de candidates à l’examen du baccalauréat par rapport aux candidats masculins ne doit pas être lu seulement comme un signe de réussite scolaire des filles, mais aussi comme un indicateur d’un problème plus profond lié à l’abandon scolaire des garçons.

Parler à Tunisie NumériqueSelon Zahrouni, cette tendance trouve son origine dans les déséquilibres accumulés depuis la réforme éducative de 1991, qui, selon lui, ont affecté l’équilibre du système scolaire tunisien.

Les filles restent plus longtemps dans le système scolaire

Zahrouni a expliqué que les filles ont plus de chances de poursuivre leurs études jusqu’au niveau du baccalauréat, tandis que les garçons sont plus touchés par l’abandon scolaire précoce.

Il a noté que si 100 filles et 100 garçons se présentent à l’examen du baccalauréat, les taux de réussite pourraient être relativement proches. Cependant, lorsque le nombre de candidates est bien supérieur au nombre de candidats masculins, il est naturel que le nombre d’étudiantes qui réussissent soit également plus élevé.

Selon lui, cette situation est positive dans un sens, car elle reflète l’engagement des filles dans l’éducation. Cependant, cela soulève également la question de savoir pourquoi davantage de garçons abandonnent l’école avant d’atteindre le stade du baccalauréat.

Le décrochage scolaire des garçons au cœur du problème

Le président de l’Association tunisienne des parents et des élèves a déclaré que la véritable préoccupation réside dans le taux d’abandon scolaire plus élevé chez les garçons.

Il a souligné que l’école tunisienne doit garantir un niveau minimum de compétences à tous les élèves, filles et garçons, notamment en lecture, écriture, compréhension et expression.

Pour Zahrouni, le rôle de l’école ne doit pas se limiter à former des médecins ou des ingénieurs, mais doit également fournir à chaque élève les outils nécessaires pour comprendre la vie, se comporter de manière responsable en société et se construire une solide culture générale.

L’éducation comme outil de développement social

Zahrouni a souligné le rôle central de l’éducation dans la formation de citoyens responsables.

Il a ajouté que les élèves qui restent à l’école développent généralement de meilleures capacités à comprendre leur environnement, à interpréter les situations, à communiquer et à prendre des décisions.

En revanche, l’abandon scolaire précoce peut entraîner des vulnérabilités sociales, culturelles et comportementales, qui affectent ensuite l’intégration des jeunes dans la vie professionnelle et sociale.

Les inégalités perdurent sur le marché du travail

Zahrouni a également lié la question à la place des femmes sur le marché du travail.

Il a noté que malgré la présence croissante des filles dans l’éducation, les femmes peuvent toujours être confrontées à des inégalités en matière d’accès à l’emploi, aux salaires et à la reconnaissance professionnelle.

Selon lui, cette réalité ne se limite pas à la Tunisie. Elle existe également dans plusieurs sociétés, notamment dans les pays développés, où les inégalités entre les sexes demeurent présentes dans certains secteurs.

Égalité basée sur la compétence

Zahrouni a appelé à une véritable égalité entre les femmes et les hommes, fondée sur la compétence, l’effort et la capacité à assumer des responsabilités.

Il a déclaré que les femmes doivent continuer à imposer leur présence par leur sérieux et leurs qualifications, tandis que les politiques publiques, les médias et les lois doivent contribuer à lutter contre toutes les formes d’exclusion.

Il a également souligné que la présence des femmes aux postes gouvernementaux en Tunisie reflète une évolution positive, même si d’autres domaines, notamment la participation politique et électorale, nécessitent encore des efforts plus importants.

Un défi éducatif, culturel et social

Pour Zahrouni, l’écart entre le nombre de femmes et d’hommes candidats au baccalauréat va au-delà des statistiques scolaires. Il reflète des changements plus profonds dans la société tunisienne et soulève d’importantes questions sur l’avenir du système éducatif.

Il a appelé à des réformes visant à lutter contre l’abandon scolaire des garçons, à soutenir la réussite des filles et à garantir l’égalité des chances dans l’éducation, l’emploi et la vie publique.

Selon lui, la construction d’une société équilibrée nécessite un changement progressif des mentalités, une plus grande valorisation de l’école et une véritable reconnaissance des femmes et des hommes en tant que partenaires égaux dans le développement du pays.

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