Les récentes interventions diplomatiques de l’Italie et de la Tunisie contre les revendications unilatérales de la Libye sur la zone économique exclusive (ZEE) ont considérablement renforcé la position de la Grèce dans le conflit maritime en cours en Méditerranée.
La Libye a suscité la controverse après avoir soumis une déclaration verbale aux Nations Unies en mai 2025, accompagnée d’une carte, dans laquelle elle a défini unilatéralement sa ZEE sur la base du mémorandum controversé Turquie-Libye et d’interprétations sélectives du droit de la mer. La Grèce a immédiatement rejeté cette décision, qui vise en réalité à étendre les revendications libyennes au sud de la Crète, empiétant ainsi sur le plateau continental grec.
L’Italie et la Tunisie rejoignent l’opposition
Italie a envoyé une lettre officielle à l’ONU le 26 mai 2026, réfutant les affirmations de la Libye. Dans son note verbalel’Italie déclare que les limites extérieures du plateau continental revendiquées par la Libye violent les droits italiens en vertu du droit de la mer, en particulier à l’est du méridien 15°10′ E et à l’ouest du méridien 13°50′ E. Ces méridiens ont été définis par la Cour internationale de Justice (CIJ) dans son arrêt de 1985 dans l’affaire du Plateau continental Libye-Malte. L’Italie a appelé au dialogue avec son voisin libyen.
Tunisiedans sa propre communication à l’ONU du 19 avril 2026, a rejeté la démarcation de la Libye, arguant qu’elle viole l’arrêt de la CIJ de 1982 dans l’affaire du plateau continental Tunisie-Libye. Tunis critique la frontière latérale de la Libye comme étant excessive et illégale, notant qu’elle s’écarte à la fois de la méthodologie de la CIJ et de l’accord bilatéral de 1988 entre les deux pays. La Tunisie conteste également la définition unilatérale par la Libye des limites extérieures de la ZEE et de sa zone contiguë, tout en appelant à des négociations sincères et de bonne foi.
La réponse stratégique de la Grèce
Ces développements surviennent alors que la Grèce poursuit ses efforts diplomatiques et pratiques pour contrer le mémorandum Turquie-Libye. Athènes a déjà mené deux séries de pourparlers exploratoires avec le gouvernement de Tripoli, dirigés par la vice-ministre des Affaires étrangères Alexandra Papadopoulou, et a soulevé la question directement avec le maréchal Khalifa Haftar lors de la récente visite du ministre des Affaires étrangères George Gerapetritis à Benghazi.
Sur le terrain, la Grèce a créé un fait accompli en accordant à Chevron des licences pour des blocs d’exploration d’hydrocarbures au sud de la Crète – des blocs qui chevauchent la ZEE revendiquée par la Libye en vertu du mémorandum turco-libyen. D’autres parcelles à l’ouest et au sud-ouest de la Crète suivent le principe de la ligne médiane, conformément au droit de la mer et en tenant pleinement compte des îles grecques.
Le fait que la Libye ait accepté l’approche de la ligne médiane dans les domaines proposés aux entreprises étrangères crée un précédent positif pour la Grèce. Sans perspective immédiate d’accord bilatéral, Athènes donne la priorité à la préparation d’un accord spécial (compromis) de porter le différend devant la Cour internationale de Justice de La Haye – une décision qui pourrait également examiner la légalité du mémorandum Turquie-Libye lui-même.
La remise en question internationale croissante des actions unilatérales de la Libye – non seulement de la part de la Grèce et de l’Égypte, mais aussi de l’Italie et de la Tunisie – renforce considérablement la position juridique et diplomatique de la Grèce dans la région.
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Lettres à l’ONU : l’Italie et la Tunisie contestent la Libye au sujet de ses revendications sur la ZEE, ce qui stimule la Grèce
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L’Italie et la Tunisie ont formellement contesté les revendications unilatérales de la Libye en matière de ZEE auprès de l’ONU, citant les décisions de la CIJ. Ces mesures renforcent la position de la Grèce contre le mémorandum Turquie-Libye en Méditerranée.
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