La journaliste tunisienne Khaoula Boukrim a été condamnée par contumace à quatre ans de prison par un tribunal tunisien, a-t-elle annoncé mardi. Cette décision suscite un regain d’inquiétude parmi les défenseurs des droits de l’homme et de la liberté de la presse, qui dénoncent un durcissement du climat politique en Tunisie.
Figure marquante du paysage médiatique tunisien, Khaoula Boukrim a affirmé avoir été condamnée sans être présente au procès. Les détails complets des accusations portées contre elle n’ont pas été divulgués dans les informations publiées au moment de l’annonce du verdict.
Cette condamnation intervient dans un contexte de tensions croissantes entre les autorités tunisiennes et les opposants politiques, les journalistes et les militants de la société civile. Depuis plusieurs années, les critiques du président Kais Saied dénoncent une concentration accrue du pouvoir et une réduction de l’espace accordé au débat public.
Les organisations de défense des droits humains et plusieurs personnalités de l’opposition estiment que cette affaire illustre une répression croissante des voix critiques. Ils accusent les autorités d’utiliser les tribunaux pour faire pression sur les journalistes et les personnalités publiques qui contestent la politique du gouvernement.
Le président Kais Saied rejette régulièrement ces accusations. Il affirme que ses réformes visent à lutter contre la corruption et à rétablir le bon fonctionnement des institutions, tout en respectant les lois en vigueur.
La condamnation de Khaoula Boukrim risque néanmoins d’alimenter davantage les critiques internationales sur l’état de la liberté d’expression en Tunisie, pays longtemps présenté comme l’une des principales acquis démocratiques issus des soulèvements du printemps arabe.