Le paysage des paiements en Tunisie change radicalement avec l’effondrement des chèques et l’augmentation des virements bancaires

Selon les nouvelles données publiées par la Banque centrale de Tunisie (BCT) pour le premier trimestre 2026, le système de télécompensation du pays est resté globalement stable en valeur, traitant 53,4 milliards de dinars (+0,6%) répartis sur 14,7 millions de transactions (+2,8%). Mais derrière ce calme apparent se cache un profond bouleversement structurel des moyens de paiement.

Virements bancaires : le socle du système

Les virements bancaires continuent de dominer, enregistrant 9,6 millions de transactions (+2,3%) et capturant une part de marché de 65% en volume. En valeur, les transferts ont atteint 19,58 milliards de dinars (+8,7%).

Avec un taux de rejet extrêmement faible de seulement 0,1 % (tant en volume qu’en valeur), le virement consolide sa position de moyen de paiement le plus sûr et le plus largement adopté par les agents économiques.

L’effondrement historique du chèque

Le chèque, autrefois pierre angulaire des paiements tunisiens, a subi une baisse spectaculaire de 24,9% en volume (à 1,7 million) et de 28% en valeur (à 11,51 milliards de dinars). Cette baisse historique signale une nette accélération de la dématérialisation, alors que les entreprises et les particuliers abandonnent les contrôles au profit de solutions plus instantanées et traçables. Le taux de rejet du chèque reste contenu à 1,0 % en volume et 2,3 % en valeur.

Les prélèvements augmentent – ​​Mais les taux de rejet explosent

Les prélèvements ont bondi de 26,4% en volume (à 2,2 millions) pour une valeur totale de 8,41 milliards de dinars (+7,3%). Cependant, le taux de rejet en volume a grimpé à 51,2% (7% en valeur), révélant d’importantes tensions de trésorerie parmi les ménages lorsque des factures ou des traites automatisées sont présentées au paiement.

Billets à ordre : le moteur B2B

Les billets à ordre ont enregistré une forte croissance de 35,9% en volume (à 1,2 million) et de 23,5% en valeur (à 13,91 milliards de dinars), affirmant leur rôle central dans le commerce interentreprises (B2B). Néanmoins, le taux de rejet reste élevé à 9,6 % en volume et 9,5 % en valeur, reflétant les difficultés persistantes de liquidité au sein du secteur des entreprises.

Conclusion : Alors que les flux de paiement globaux semblent stables, la Tunisie connaît une rupture décisive avec les instruments traditionnels. Les virements bancaires et les billets à ordre gagnent du terrain dans le secteur des entreprises, les chèques sont en chute libre et les prélèvements automatiques, bien qu’en augmentation, exposent les ménages à des difficultés de trésorerie en raison de niveaux de rejet records.