La pastèque lavée des soupçons d’intoxication alimentaire en Tunisie

Les pastèques tunisiennes sont arrivées sur le marché il y a deux semaines. La campagne s’annonce prometteuse tant en termes de production que de demande internationale ; Pourtant, à peine commencé, le secteur est secoué par une fausse rumeur largement répandue sur les réseaux sociaux tunisiens. Toutefois, selon Mohamed Akermi, PDG de Tunileaf, la campagne d’exportation se déroule sans problème et n’a pas été affectée par le bad buzz.

© Tunileaf

Pour rappel, une tragédie d’empoisonnement collectif s’est produite la semaine dernière lors de la fête de l’Aïd al-Adha, coûtant la vie à deux membres d’une même famille à Meknassi, dans le centre du pays. Les internautes n’ont pas tardé à blâmer les pastèques dans une rumeur largement diffusée sur les réseaux sociaux, qui a entraîné une stagnation du fruit sur le marché local, comme le rapportent les médias locaux. L’Autorité nationale de sécurité alimentaire a ensuite remis les pendules à l’heure et publié les résultats de son enquête, qui ont révélé une contamination à l’anabasine résultant d’un cas de confusion entre légumes à feuilles et herbes sauvages toxiques.

Akermi commente : « Les autorités sanitaires tunisiennes n’ont pas tardé à dédouaner la pastèque. Il faut dire que ces rumeurs ciblant la pastèque, produit très apprécié des consommateurs, refont surface à chaque saison, et on commence à s’y habituer. Heureusement, la polémique s’est vite calmée cette année, et la saison d’exportation n’a pas été affectée. »

Les exportations de pastèques tunisiennes se poursuivent normalement et bénéficient même d’une demande exceptionnellement forte cette saison, selon l’exportateur : « D’une part, la production est bonne cette année, avec des volumes supérieurs à ceux de la saison dernière, et une meilleure qualité, calibres et niveaux Brix. Nous avons beaucoup de gros calibres de 8-9 kg à 18-20 kg, avec un Brix moyen de 11.

Les prix sont également très avantageux pour les exportateurs et les acheteurs. Les pastèques algériennes sont apparues sur le marché tunisien avant la récolte nationale, ce qui a contribué à maintenir les prix de la récolte tunisienne à un niveau bas. Nous disposons donc de fruits parmi les plus compétitifs sur le marché international », poursuit Akermi.

© Tunileaf

Selon l’exportateur, la position plus forte dont jouissent les exportateurs tunisiens sur le marché cette saison s’explique également par les difficultés rencontrées par d’autres origines plus établies sur le marché. « Nous avons entendu parler de problèmes de qualité cette saison affectant les origines concurrentes, comme le Maroc, l’Espagne et l’Italie. Cela a permis aux pastèques tunisiennes de s’imposer comme une alternative sérieuse, et cela s’est très vite traduit par une augmentation des commandes. Chez Tunileaf, nous avons livré des volumes plus élevés que d’habitude en Espagne et en Belgique, et nous nous préparons à expédier la semaine prochaine sur le marché international de Rungis », indique-t-il.

L’exportateur rassure : « Les fausses rumeurs sur Facebook n’ont pas ébranlé la confiance de nos clients. Les autorités tunisiennes en matière de sécurité alimentaire sont réputées pour leur rigueur et leurs normes intransigeantes ; chaque produit exporté est soumis à un échantillonnage et à une analyse en laboratoire avant de quitter l’exploitation, et tout est documenté. »

Pour plus d’informations :
Mohamed Akermi
Feuille de Tunile
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