Professeur de géologie Riadh Ahmadi présenté, le vendredi 15 mai 2026, dans une déclaration à Tunisie Numériqueun ensemble de données scientifiques liées à l’activité sismique en Tunisie.
Selon lui, la Tunisie est généralement située dans une zone de faible activité sismique. Toutefois, la fréquence des tremblements varie d’une année à l’autre, avec une augmentation observée ces dernières années.
Les secousses annuelles ont doublé depuis 2023
Riadh Ahmadi a expliqué qu’entre 2020 et 2023, la Tunisie a enregistré en moyenne une vingtaine de tremblements de terre par an.
Depuis 2023 et jusqu’en 2026, cette moyenne s’élève à près de 40 secousses par an. Selon le professeur de géologie, la Tunisie connaît actuellement une fréquence de détection sismique plus élevée, même si la force de ces secousses reste globalement faible.
La plupart des secousses enregistrées se situent entre la magnitude 2 et 3. Certaines dépassent cependant la magnitude 4, comme le séisme de Meknassi en 2025 et celui de Tozeur en 2023. Ahmadi a noté que le nombre de secousses de cette force reste relativement limité.
Quelles sont les causes des tremblements de terre en Tunisie ?
Le professeur de géologie a précisé que les secousses en Tunisie sont principalement provoquées par la collision entre les plaques tectoniques africaine et européenne.
Ce mouvement fait partie du processus géologique à l’origine de la formation des montagnes de l’Atlas, considérées comme des formations relativement récentes. Riadh Ahmadi a toutefois souligné que cette situation ne représente pas un danger majeur pour les citoyens, la Tunisie restant globalement située dans une zone de faible activité sismique.
Y a-t-il un lien avec le changement climatique ?
Interrogé sur un lien possible entre les tremblements de terre et le changement climatique, Riadh Ahmadi a répondu qu’il n’y avait pas de relation directe.
Il a expliqué qu’un lien indirect très faible peut exister dans certaines régions du monde, notamment en Europe ou dans les zones montagneuses où les changements de température peuvent entraîner la fonte d’importantes masses de glace. Ce phénomène peut affecter les couches tectoniques et augmenter la fréquence des séismes superficiels.
Cependant, la Tunisie n’est pas concernée par ce type d’activité sismique, car elle ne dispose pas de masses glaciaires majeures capables de produire de tels effets.
Tremblement de terre ou tremblement de terre : y a-t-il une différence ?
Riadh Ahmadi a également expliqué que, scientifiquement, il n’y a pas de différence entre un tremblement de terre et un tremblement de terre.
Cependant, dans l’usage courant, un tremblement de terre fait généralement référence à un événement moins intense. Le spécialiste a souligné qu’un tremblement de terre est généralement considéré comme fort et capable d’affecter des personnes et des bâtiments lorsqu’il atteint une magnitude d’environ 6 sur l’échelle de Richter.
Selon lui, la Tunisie est temporellement éloignée de la probabilité d’un séisme de cette force, mais pas éloignée géographiquement du risque sismique, puisqu’elle se situe dans une zone de collision de plaques tectoniques.
Il a ajouté que le contexte tectonique de la Tunisie ne peut être comparé à celui de régions comme la Turquie ou le Japon, où la vitesse de déplacement des plaques est environ dix fois plus rapide que dans la région tunisienne. Cela explique la fréquence et l’intensité beaucoup plus élevées des tremblements de terre dans ces régions, où même les tremblements de terre les plus faibles peuvent se compter par centaines chaque année.
La Tunisie a-t-elle enregistré des tremblements de terre destructeurs dans le passé ?
Riadh Ahmadi a déclaré que la Tunisie avait enregistré des tremblements de terre au cours des décennies précédentes, mais qu’ils n’étaient pas considérés comme destructeurs.
Depuis l’installation de stations de surveillance sismique, notamment à partir des années 1980, la Tunisie n’a enregistré aucun séisme destructeur dépassant la magnitude 6.
Des séismes modérés ont été enregistrés, notamment celui du 7 novembre 1989 à Métlaoui, ainsi qu’un séisme près de Mahdia, proche de la magnitude 5.
Des traces historiques toujours à l’étude
Le professeur de géologie a souligné que les études sur les tremblements de terre ne se concentrent pas uniquement sur des événements de grande ampleur ou enregistrés instrumentalement. Les chercheurs examinent également l’impact des anciens tremblements de terre sur les vestiges archéologiques et les sites historiques.
Il a rappelé que certaines villes tunisiennes sont connues pour avoir été endommagées ou détruites par des séismes relativement forts au cours de l’histoire.
Les instruments de mesure n’existant pas à l’époque, les chercheurs utilisent des techniques spécifiques pour estimer la force approximative de ces séismes passés. Ces travaux concernent des zones telles que Kairouan, Mahdia et Sfax, ainsi que les failles d’Agareb, Utique et Cherichira.
Les tremblements de terre destructeurs restent très rares
En conclusion, Riadh Ahmadi a indiqué que la fréquence des séismes destructeurs en Tunisie reste très faible dans le temps.
Selon lui, les anciens tremblements de terre qui ont contribué à la destruction de certaines villes ne pouvaient se produire qu’une fois tous les 1 000 ou 2 000 ans.
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