76% des chefs d’entreprise insatisfaits de la situation économique de la Tunisie en 2026

Les principales conclusions du Baromètre des affaires EY Tunisie 2026 ont été présentées, jeudi 8 mai, par le PDG d’EY Tunisie, Fehmi Laourine, qui a mis en avant trois points majeurs.

Le premier concerne la perception qu’ont les chefs d’entreprise de la situation économique et sociale, qui reste critique mais s’améliore nettement.

76% des chefs d’entreprise ont une évaluation négative de la situation

En effet, 76% des chefs d’entreprise ont encore une vision négative du climat économique et social, un chiffre significatif démontrant que les difficultés structurelles persistent. Toutefois, la tendance s’améliore : ce chiffre s’élève à 96 % en 2023 et à 84 % en 2024.

« Le bilan reste négatif, mais il s’atténue clairement avec le temps », a déclaré Laourine.

Ce changement est encore plus visible en ce qui concerne les attentes concernant l’économie : 36 % prévoient une détérioration, 36 % s’attendent à une amélioration et 28 % prévoient une stabilité.

À titre de comparaison, en 2024, 62 % s’attendaient à une aggravation de la situation, tandis que seulement 19 % s’attendaient à une amélioration.

Laourine a noté que « nous sommes passés d’une vision dominée par le pessimisme à une répartition beaucoup plus équilibrée des scénarios de perspectives économiques ».

Le deuxième point majeur concerne la situation réelle des entreprises, qui apparaît nettement meilleure que leur perception de l’environnement au sens large.

52% des entreprises font état d’une amélioration de leur activité

Selon l’enquête, 52 % des entreprises ont signalé une amélioration de leur activité commerciale en 2025, tandis que seulement 21 % ont signalé une baisse. Pour 2026, 45 % s’attendent à une nouvelle amélioration, contre seulement 17 % prévoyant une baisse.

Selon Laourine, cela révèle « un écart très intéressant » : alors que les perceptions de l’environnement global restent exigeantes, les performances des entreprises s’améliorent, mettant en évidence un décalage entre l’évaluation macroéconomique et les réalités microéconomiques.

« En bref, les chefs d’entreprise sont peut-être inquiets de la situation économique, mais leurs entreprises continuent d’avancer », a-t-il ajouté.

Voici les principales préoccupations des chefs d’entreprise !

La troisième conclusion clé concerne l’évolution des priorités parmi les chefs d’entreprise.

« Pour la première fois, la pression fiscale arrive en tête des préoccupations des chefs d’entreprise. C’est un signal important qu’il faut bien comprendre. Auparavant, la situation économique a toujours été la première préoccupation », a déclaré Laourine.

Selon lui, les inquiétudes concernant la fiscalité sont motivées par trois facteurs principaux :

1. Manque de prévisibilité : les entreprises ont besoin de visibilité à moyen terme et les changements fréquents rendent la planification difficile.

2. Un fort sentiment d’injustice : la pression fiscale est largement supportée par les entreprises les plus structurées et transparentes, alors que le secteur informel est encore perçu comme insuffisamment intégré.

3. La question de la valeur en retour : les dirigeants d’entreprises estiment que la qualité des services administratifs, en termes de délais de traitement, de simplicité et d’accompagnement, n’est pas toujours à la hauteur des attentes.

Laourine a souligné que le problème ne réside pas nécessairement dans les taux d’imposition eux-mêmes, mais plutôt dans la prévisibilité, l’équité et la qualité des services publics fournis en retour.

Le message global du Baromètre 2026 est clair : les entreprises tunisiennes restent résilientes, continuent d’avancer et réclament désormais un environnement des affaires plus clair et plus prévisible pour accélérer la croissance.