Tunisie : 45% de la main d’œuvre est dans le secteur informel (ministre)

« Près de 45% de la population active travaille dans le secteur informel, ce qui rend urgent d’adopter une approche pragmatique adaptée à la réalité tunisienne afin de l’intégrer au système de sécurité sociale », a déclaré lundi le ministre des Affaires sociales, Issam Lahmar.

S’exprimant lors d’une session de formation organisée par le ministère à l’intention des journalistes, Lahmar a souligné que l’intégration des travailleurs du secteur informel dans le système de sécurité sociale renforcerait leur protection sociale.

Dans ce contexte, il a noté que le ministère œuvre au développement de la protection sociale à travers la garantie d’un revenu minimum, la couverture sanitaire universelle, un revenu minimum pour les enfants et la prise en charge des personnes âgées, ainsi que l’introduction des cartes de santé électroniques pour renforcer la transparence et assurer l’égalité d’accès aux soins de santé pour tous sans discrimination.

Il a également souligné l’émergence de nouvelles formes de travail, que le ministère étudie, réglemente et cherche à intégrer dans le système de couverture sociale.

A cet égard, il a souligné l’approche proactive du ministère, notamment à travers la signature d’un accord avec l’Organisation internationale du travail sur les plateformes numériques de travail et l’élaboration d’un cadre législatif national sur la question.

Lahmar a souligné que la restructuration du système de sécurité sociale nécessite des stratégies prospectives prenant en compte les facteurs externes et identifiant de nouvelles sources de financement adaptées au contexte tunisien, s’éloignant des modèles de financement traditionnels.

Il a expliqué que le système actuel de sécurité sociale n’est plus aligné sur les changements sociaux, notamment le vieillissement de la population et la baisse des taux de fécondité, qui ont réduit le nombre de travailleurs actifs par rapport aux retraités dont les retraites sont financées par la population active.

Il a également souligné le rôle des médias dans la sensibilisation, l’information du public et la promotion de la justice sociale.

Il a, par ailleurs, souligné la nécessité d’assurer un travail décent, notant que la Tunisie a déjà réalisé des progrès dans ce domaine et que d’autres améliorations pourront être réalisées d’ici la fin du plan de développement.