ITALIE : Le Premier ministre propose de modifier le controversé « système de prime de rapatriement » pour les avocats spécialisés en droit d’asile ― Des militants d’extrême droite appellent à la « remigration » lors d’un rassemblement ― Accord avec la Tunisie pour favoriser la migration de main-d’œuvre ― Un rapport d’une ONG met en lumière la criminalisation de l’homme…

  • La Première ministre Giorgia Meloni s’est engagée à modifier un projet de loi sur la sécurité suite à une opposition généralisée au controversé « système de prime de rapatriement » pour les avocats spécialisés en droit d’asile.
  • Les participants à un rassemblement d’extrême droite ont appelé à plusieurs reprises à la « remigration » des personnes hors d’Europe.
  • Une agence italienne pour l’emploi a signé un accord avec deux agences en Tunisie pour faciliter la migration professionnelle des jeunes Tunisiens.
  • Un nouveau rapport d’une ONG a souligné la criminalisation en Italie des personnes qui agissent en solidarité avec les personnes en déplacement.

La Première ministre Giorgia Meloni s’est engagée à modifier un projet de loi sur la sécurité suite à une opposition généralisée au controversé « système de prime de rapatriement » pour les avocats spécialisés en droit d’asile. La mesure, qui a été incluse dans un projet de loi actuellement en attente d’approbation parlementaire, prévoit des paiements estimés aux avocats à plus de 600 euros pour chaque demandeur d’asile qu’ils représentent et qui accepte le rapatriement volontaire. Meloni a proposé d’introduire des modifications au plan via un texte législatif distinct si le « décret de sécurité » est approuvé. Elle est sous pression car le décret doit être adopté par les députés avant le 25 avril, sinon il deviendra caduc, et tout amendement devra également être approuvé par le Sénat (chambre haute du Parlement). L’Union des chambres pénales italiennes, qui représente les avocats pénalistes, a qualifié la mesure d’« incompatible avec la Constitution et les principes les plus fondamentaux de l’éthique juridique » car elle ferait, selon elle, des avocats de la défense « un instrument de la politique gouvernementale de remigration ». Par ailleurs, Dario Belluccio de l’Association pour les études juridiques sur l’immigration (ASGI), organisation membre de l’ECRE, a déclaré que le projet proposé « porte atteinte à l’autonomie juridique, créant un conflit d’intérêt évident, poussant les avocats à privilégier les souhaits de l’administration publique plutôt que la protection de leurs clients » et « expose à des risques les personnes vulnérables, telles que les victimes de la traite ou les réfugiés potentiels qui pourraient être poussés vers des rapatriements dangereux par des incitations financières ». Belluccio a également dénoncé la mesure comme semblant « répondre précisément au concept de ‘remigration’ promu par l’extrême droite » et comme étant basée sur ce qu’il a décrit comme une « vision politique complètement erronée du phénomène migratoire, basée sur la répression et prouvée inefficace ».

La question de la « remigration » a également été évoquée lors d’un récent rassemblement d’extrême droite à Milan. Les participants à l’événement, organisé le 18 avril par le groupe Patriotes pour l’Europe au Parlement européen et son membre italien, la Lega per Salvini Premier, ont scandé ce terme en réponse au discours d’un journaliste de droite. Le rassemblement a également été marqué par des discours de dirigeants d’extrême droite d’Autriche, de Tchéquie, de France, d’Italie, des Pays-Bas et d’Espagne. Pendant ce temps, environ 5 000 manifestants scandaient « Les fascistes hors de Milan ! ont organisé un certain nombre de contre-manifestations dans la ville et certains ont même tenté de briser un barrage policier pour atteindre la place où se déroulait le rassemblement des « Maîtres de notre maison ». Dans le même temps, le partenaire de coalition gouvernementale de la Lega, Forza Italia, a organisé un rassemblement distinct pour exprimer son opposition à ce qu’elle et de nombreux commentateurs ont qualifié de « Sommet de la remigration ».

Une agence italienne pour l’emploi a signé un accord avec deux agences en Tunisie pour faciliter la migration professionnelle des jeunes Tunisiens vers l’Italie. L’accord-cadre de cinq ans a été signé le 13 avril à Tunis entre Umana, une agence pour l’emploi de premier plan agréée par le ministère italien du Travail, et l’Agence nationale tunisienne pour l’emploi (ANETI) et l’Agence tunisienne pour la formation professionnelle (ATFP), en présence du ministre tunisien du Travail et de la Formation professionnelle, Riadh Chaoued, et de l’ambassadeur d’Italie en Tunisie, Alessandro Prunas. Chaoued a déclaré aux journalistes que l’accord représentait une « étape supplémentaire » dans le soutien à l’emploi des jeunes, tandis que Prunas a salué sa contribution attendue au « soutien de la migration régulière et à l’expansion des opportunités d’emploi structurées pour un bénéfice mutuel ».

Un nouveau rapport d’une ONG a souligné la criminalisation en Italie des personnes qui agissent en solidarité avec les personnes en déplacement. Le rapport, publié par la Plateforme de coopération internationale sur les migrants sans papiers en coopération avec plusieurs organisations membres de l’ECRE et qui se concentre sur cinq États membres de l’UE, indique que 19 des 110 personnes identifiées comme ayant fait l’objet de procédures judiciaires pour avoir aidé des personnes en déplacement en 2025 se trouvaient en Italie. Il s’est également concentré spécifiquement sur le cas de six membres de l’ONG Mediterranea, organisation de recherche et de sauvetage, qui ont été jugés en octobre 2025 pour avoir facilité « l’immigration illégale » à la suite d’une opération de sauvetage maritime qu’ils ont menée en septembre 2020. Par ailleurs, il a noté plusieurs développements législatifs et politiques survenus en 2025 qui « ont encore restreint l’espace civique, affectant particulièrement les ONG liées à la migration et le droit de manifester ».

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