L’anglais en Tunisie : un projet de loi pour accélérer l’ouverture du pays sur le monde (Vidéo)

Najib Akrmi, rapporteur de la commission de l’éducation, de la formation professionnelle, de la recherche scientifique, de la jeunesse et des sports à l’Assemblée des représentants du peuple, a déclaré dans une déclaration exclusive à Tunisie Numérique que le projet de loi visant à renforcer l’usage de la langue anglaise en République tunisienne s’inscrit dans une vision plus large de réforme du système éducatif.

Selon lui, cette initiative vise à aider la Tunisie à mieux suivre le rythme des transformations mondiales rapides, notamment dans les domaines de la connaissance, de la technologie et de l’économie.

Un projet de loi composé de 6 articles

Najib Akrmi a expliqué que les initiateurs du texte ont présenté leur proposition lors d’une audition devant la commission parlementaire. Le projet de loi, composé de 6 articles, vise à promouvoir l’usage de l’anglais aux côtés de l’arabe afin de mieux préparer le pays aux évolutions internationales dans plusieurs secteurs.

Il a souligné que cette orientation ne remet pas en cause le statut de l’arabe, qui reste la langue officielle de l’Etat et l’un des fondements de l’identité nationale.

L’objectif affiché : ouvrir davantage la Tunisie au monde

Le responsable parlementaire a expliqué que l’objectif principal de cette proposition est de renforcer l’usage de l’anglais dans les domaines de l’éducation, de la recherche scientifique et de l’économie numérique.

Pour les promoteurs du projet de loi, il s’agit de doter la Tunisie d’outils linguistiques mieux adaptés aux exigences du monde moderne, tout en préservant les constantes nationales. L’ambition est ainsi de favoriser une plus grande ouverture sur l’environnement international à travers une approche progressive et structurée.

Ce que prévoit le texte

Le premier article stipule que l’anglais serait enseigné comme langue primaire à partir de la deuxième année de l’enseignement de base. Il prévoit également son adoption comme langue d’enseignement dans les matières scientifiques et technologiques dès le stade préparatoire.

Le deuxième article exige que les établissements d’enseignement supérieur et de recherche scientifique adoptent l’anglais dans les programmes universitaires liés à la technologie, aux sciences naturelles, à la médecine et à l’économie. Le texte inclut également l’utilisation de l’anglais dans la production scientifique et la recherche destinée à une publication internationale.

Le troisième article prévoit l’adoption de l’anglais comme deuxième langue de travail au sein des structures publiques et des institutions nationales, notamment dans les relations internationales et diplomatiques, l’attraction des investissements, la coopération économique, ainsi que dans les logiciels et systèmes d’information.

Le quatrième article appelle à l’élaboration d’un plan national de formation en langue anglaise. Ce plan doit inclure la formation des enseignants à tous les niveaux, le renforcement des compétences linguistiques des cadres et employés du secteur public et l’encouragement des initiatives privées en matière d’éducation et de formation en langue anglaise.

L’article cinquième prévoit la création d’une commission nationale chargée de contrôler l’application de cette loi sous la supervision de la Présidence du Gouvernement. Cette instance réunirait des représentants des ministères de l’Éducation, de l’Enseignement supérieur, des Affaires étrangères, de l’Économie et des Finances, ainsi que du Conseil supérieur de l’éducation. Sa mission serait de superviser la mise en œuvre des dispositions de la loi et de soumettre un rapport annuel au Parlement.

Enfin, l’article sixième stipule qu’un décret gouvernemental doit être pris dans les six mois suivant l’adoption de la loi afin de définir les modalités de mise en œuvre et le calendrier progressif d’adoption de l’anglais comme langue principale.

L’anglais, un enjeu stratégique pour les universités et l’emploi

Najib Akrmi a souligné que certaines institutions universitaires ont déjà commencé à adopter l’anglais dans l’enseignement, notamment dans les domaines scientifiques. Il a indiqué que la maîtrise de cette langue est devenue essentielle, notamment pour les ingénieurs et les médecins, afin de suivre les évolutions internationales dans leurs domaines respectifs.

Cette orientation est également perçue comme un moteur de compétitivité pour les diplômés tunisiens, dans un contexte marqué par l’importance croissante de l’économie numérique, de la recherche scientifique et de la circulation mondiale des connaissances.

Un texte intégré dans une vision plus large de la réforme éducative

Le député a également indiqué que les représentants des ministères de l’Éducation, de l’Enseignement supérieur, de la Formation et de l’Emploi seront entendus sur ce projet de loi.

Il a ajouté que des discussions sont en cours pour intégrer le texte dans le projet présidentiel de réforme de l’éducation au sein du Conseil supérieur de l’éducation, ainsi que dans les résultats de la consultation nationale sur l’éducation, afin d’assurer sa cohérence avec la vision nationale de réforme du système éducatif.

Que se passe-t-il en Tunisie ?
Abonnez-vous à notre chaîne Youtube pour les mises à jour.