Malgré une amélioration notable des niveaux des barrages, il est peu probable que la Tunisie évite des perturbations de l’approvisionnement en eau cet été, selon Alaa Marzouki, président de l’Observatoire tunisien de l’eau.
Parler à Tunisie Numérique Marzouki a remis en question, jeudi 16 avril 2026, l’exactitude des chiffres qui circulent actuellement sur les taux de remplissage des barrages, notant que les données clés sur les débits des barrages ont été retenues depuis octobre 2025.
Des données incomplètes compliquent l’évaluation
Marzouki a expliqué que les données précédemment disponibles jouaient un rôle crucial dans l’analyse de la situation nationale de l’eau, aidant les experts à proposer des stratégies de gestion, en particulier pendant les périodes de pointe de la demande, et à élaborer des prévisions annuelles.
Cependant, en l’absence de telles données, le chiffre largement cité d’environ 60 % de la capacité des barrages reste incertain et doit être traité avec prudence.
Une meilleure situation que les années de sécheresse précédentes
Malgré ces limites, Marzouki a reconnu que la situation actuelle est meilleure que celle des six dernières années, marquées par une grave sécheresse.
Compte tenu des récentes précipitations et des déclarations du ministère de l’Agriculture, il a indiqué que l’été prochain devrait être moins rigoureux en termes de disponibilité de l’eau, tant pour la consommation que pour l’agriculture.
Infrastructures vieillissantes et perturbations persistantes de l’approvisionnement
Toutefois, le président de l’Observatoire a souligné que les pénuries d’eau ne sont pas uniquement liées à la disponibilité des ressources. Il a souligné une pression importante sur les réseaux de distribution d’eau potable, notamment pendant la saison estivale.
Beaucoup de ces réseaux ont dépassé leur durée de vie opérationnelle, entraînant d’importantes pertes d’eau. En conséquence, la Tunisie pourrait continuer à connaître des coupures d’eau similaires à celles des années précédentes.
Les contraintes financières entravent les mises à niveau du système
Marzouki a également souligné les difficultés financières auxquelles est confrontée la Société Nationale de Distribution d’Eau (SONEDE), qui limitent sa capacité à assurer l’entretien et le renouvellement des infrastructures nécessaires.
La nécessité de donner la priorité à l’utilisation de l’eau
À la lumière de l’amélioration des précipitations dans plusieurs régions, Marzouki a souligné l’importance de fixer des priorités claires en matière d’allocation de l’eau pour éviter la répétition des crises passées.
Il a appelé à orienter les ressources en eau vers des cultures destinées à la consommation intérieure, comme les fruits et légumes, plutôt que vers une agriculture orientée vers l’exportation, qu’il a décrite comme étant très gourmande en eau.
Selon lui, le secteur agricole reste l’un des principaux facteurs de stress hydrique en Tunisie, contribuant à un gaspillage important.
La « carte de la soif » révèle les défis structurels
L’Observatoire tunisien de l’eau publie mensuellement une « carte de la soif » qui, selon Marzouki, est restée similaire aux années précédentes malgré l’augmentation des précipitations.
Ceci, a-t-il expliqué, démontre que la disponibilité de l’eau au robinet n’est pas directement liée au niveau des barrages ou aux seules précipitations. Au lieu de cela, cela dépend d’un ensemble complexe de facteurs, notamment la gouvernance, les priorités de distribution, l’état des infrastructures et la demande agricole.
Même avec des ressources en eau améliorées, la Tunisie continue de faire face à de profonds défis structurels dans la gestion de son approvisionnement en eau.
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