Un vent de changement souffle sur le secteur oléicole Tunisien

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Quatre-vingt acteurs du secteur oléicole, en provenance  du Maroc, d’Europe et de Tunisie retiennent le thème de l’utilisation de l’innovation et de la technologie durant une conférence qui s’est tenue la semaine écoulée à Tunis. Organisée par la Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement (BERD) et l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO), durant la conférence il a été question des dernières tendances pour une relance du secteur de l’huile d’olive en Tunisie.

La Tunisie s’est positionné comme l’un des principaux pays producteurs d’huile d’olive au niveau mondial surtout depuis ces 3 dernières années. Avec des exportations annuelles d’une valeur moyenne de 0,5 milliard de dollars US, le pays exporte la plus grande partie de son huile d’olive en vrac. Entamée il y’a plus de 10 ans, la bataille du conditionné est en encore en cours même si certaines marques figurent déjà parmi les lauréats de prestigieuses compétitions. A titre d’exemple, nous citerons la marque « Triomphe de Tuccabor », produite par la ferme Ben Ismail à Béja, qui a remporté la médaille d’or à la compétition internationale de la qualité de l’huile d’olive « London Olive Oïl 2017 », qui a eu lieu le 14 avril 2017 à Londres.

Il est indéniable que grâce à l’élévation des standards de qualité et au développement des produits à haute valeur ajoutée, notamment une production croissante d’huiles d’olive biologiques, la Tunisie est en train de parvenir à améliorer la compétitivité et la reconnaissance de ses huiles, tant sur le marché domestique qu’à l’export.

La BERD et la FAO, au cœur de cet accompagnement, soutiennent le processus de concertation en collaboration avec l’Office National de l’Huile de Tunisie (ONH). A cet effet, Mr Antoine Sallé de Chou, Directeur du Bureau de la BERD se déclare « ravis de voir que le dialogue public-privé conduit à un consensus entre les différents acteurs du secteur et au développement d’une vision et d’une feuille de route communes. Cela ne peut que contribuer à stimuler l’investissement pour créer un secteur plus fort et plus compétitif »,

Mise à niveau

Passer au niveau supérieur signifie améliorer la qualité, l’efficacité et la compétitivité à tous les échelons de la filière oléicole, de l’oliveraie à la table. Cela inclut de meilleures techniques de culture et de récolte, un transport rapide et efficace des olives, des moulins bien organisés et des systèmes de traçabilité et de certification afin de satisfaire les exigences des distributeurs importants et des marchés haut de gamme.

Cela signifie aussi divers programmes de gestion des oliveraies et de techniques d’irrigation améliorées. Ce dernier point est d’ailleurs crucial pour optimiser l’utilisation de l’eau qui est une ressource rare tout en préservant la qualité des olives.

Durant la conférence, il a été souvent question de la qualité dans une stratégie commerciale. Les principaux producteurs d’huiles d’olive biologiques tunisiennes ont beaucoup investi dans la modernisation de leurs opérations en installant des systèmes d’irrigation perfectionnés, visant à améliorer la stabilité et la qualité, ainsi qu’un système d’extraction en deux phases.

Nouveaux produits

Développer la gamme et le profil des produits offerts est également important pour l’avenir de l’industrie oléicole en Tunisie.

L’huile d’olive extra vierge tunisienne se caractérise par un profil doux et sucré. La production d’huiles extra vierges  ayant d’autres profils, telles que des huiles avec des goûts différents, des huiles issues de variétés uniques ou des huiles plus riches en polyphénols, permettrait aux producteurs tunisiens de gagner de nouvelles parts de marché.

La Tunisie produit également trois fois plus d’huile d’olive biologique certifiée que l’Espagne chaque année, et un volume encore plus important d’huile d’olive tunisienne est produit en utilisant des pratiques biologiques ou quasiment biologiques sans être certifié. Compte tenu de la demande croissante pour les produits biologiques – le marché bio américain était évalué à 30 milliards d’euros en 2015 – la Tunisie pourrait renforcer sa position sur ce marché en s’appuyant sur sa réputation déjà établie en matière d’agriculture biologique.

Pistes pour l’avenir

La coopération et la communication sont vitales dans n’importe quel secteur. La FAO et la BERD continueront à soutenir ce groupe de travail composé d’oléiculteurs, de transformateurs d’huile d’olive, d’exportateurs, de représentants du gouvernement et de représentants des Organisations Professionnelles du secteur. Depuis 2015, le groupe de travail s’est réuni sept fois, partageant des informations, des expériences et des opinions et formulant des propositions concrètes pour un secteur de l’huile d’olive plus performant et plus inclusive.

« Au cours des deux dernières années, nous avons constaté beaucoup d’enthousiasme pour le secteur et une ouverture croissante aux nouvelles idées, comme la création d’un consortium de qualité et de labels de qualité pour les huiles d’olive extra vierges tunisiennes », a déclaré Lisa Paglietti, économiste et responsable du projet à la FAO. « Il y a une réelle volonté de changement. Pour avancer, nous devons maintenir cet élan et veiller à ce que tous les intervenants du secteur soient impliqués et travaillent ensemble à atteindre ce double objectif : accroître la compétitivité et la reconnaissance de l’huile d’olive tunisienne. »

Source: AD et CP

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