Tourisme alternatif en Tunisie : réveil institutionnel ou pas ?

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Ceci pour l’action de valorisation du tourisme vert et du tourisme culturelle que Raoudha mène depuis des années dans cette région. Mercredi 6 avril, c’était au cours de la conférence de presse sur le tourisme sportif et saharien organisée par l’Association Carthago (Festival des Sports de Djerba, Semi Marathon d’Hammamet, Marathon des Oasis et week-end Evasion à Tataouine) que l’accent était à nouveau mis sur l’importance de développer l’écotourisme tunisien.

Ce qu’il faut savoir c’est que depuis une dizaine d’années déjà des voix s’élèvent ici et là pour clamer l’importance d’adopter une autre approche touristique. Et, à l’heure post-révolutionnaire, où tous les regards se tournent vers le développement régional, et où, dans le cas de la venue d’Eric Bresson le message politique était de montrer la « volonté de la France d’accompagner l’Etat tunisien dans une véritable décentralisation », l’avenir n’est-il pas à un tourisme régional sélectif en parallèle, bien sur, au tourisme balnéaire standard ?

Les initiatives déjà existantes ne manquent pas. Pour exemple, côté culture et pour la région du Kef, le circuit protohistorique de la région de Maktar/Zanfour, celui de la médina du Kef, celui de la table de Jugurtha, ou encore, côté nature, les circuits de découverte de la faune et de la flore : celui du parc du Jbel Saadine mais aussi celui du parc national Chaambi… Du côté des initiatives privées, il y a pléthore aux 4 coins du payx : gîtes ruraux, maisons d’hôtes, observation des oiseaux migrateurs à el Haouaria, visite et dégustation dans les vignobles d’Hammamet, séjour à la ferme à Medjez el Bab, séjour thématique de découverte de l’artisanat de l’alfa à Kasserine, découverte équestre du pays à Djerba, séjour chasse et nature à Chemtou, découverte des fonds marins et plongée sur épave à Kelibia, méharée de découverte de la faune et de la flore saharienne à Douz…

La question est : qui a connaissance de ces projets et comment les développer ? Sur le territoire tunisien, par manque de communication, par manque de mise en réseau mais aussi il faut l’avouer par manque de valorisation de ces projets par l’ONTT, peu de personne ont connaissance de ces projets. Les bonnes adresses circulent par le bouche à oreille. A l’étranger seuls les baroudeurs déjà sensibles au tourisme alternatif arrive à se concocter des circuits sur mesure. Mais combien d’agences spécialisées sur le tourisme vert en Tunisie ? Combien de TO s’intéressent voir ont connaissance de ces initiatives ? Certains sites spécialisés comme Mille et une Tunisie œuvre dans ce sens, celui d’une valorisation de toutes ces initiatives mais ne faudrait-il pas que l’ONTT s’empare enfin à bras le corps de la question du tourisme vert et de l’éco-tourisme pour l’encourager, le valoriser et le médiatiser à une bien plus large échelle.

Côté TO et agences spécialisées il faudrait envisager des eductours, d’autant plus que la clientèle est là. 1 million de Britanniques sont des « birdwatchers » (observateurs d’oiesaux) et peuvent, lors de séjours spécialisés, dépenser jusqu’à 200 euros/jour pour voir certaines espèces. Quand on sait que la Tunisie est le 3ème pont migratoire mondial et que, de mars à mai, on y observe rapaces, espèces rares et cigognes, on peut affirmer que les potentialités sont là. Quand on sait également que la Tunisie dispose de la même spécificité que l’île de Malte (plusieurs façades maritimes permettant de plonger toute l’année). Et que Malte pour cela est la 1ère destination du bassin méditerranéen du tourisme de plongée. Et que la Tunisie a, en plus de cette spécificité, au large de ses côtes des épaves sur lesquelles il possible de plonger, on se dit que toutes les chances sont de notre côté à condition de savoir les valoriser. Maintenant il ne faudrait pas le faire trop tard…


Aurélie Machghoul

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