Rached Ghannouchi et le sionisme aux épices tunisiennes

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Au début du mois de décembre, M. R. Ghannouchi  s’est rendu à Washington pour assister à la cérémonie organisée par le magazine Foreign Policy au cours de laquelle il a reçu la distinction de l’un des plus grands intellectuels de l’année 2011 décernée par le prestigieux média américain.

Il est à noter que parmi ces 100 plus grands intellectuels dont fait partie Rached Ghannouchi on retrouve les sinistres Dick Cheney, Condoleezza Rice, Hillary and Bill Clinton, Robert Gates,  John McCain, Nicolas Sarkozy, Rajae Tayeb Erdogan et comble de tout Bernard Henri Lévy comme on retrouve certains de nos « intellectuels  arabes » tels que Wadah Khanfar, Mustapha Barghouthi, Wael Ghonim ou Sami ben Gharbia, Mohamed Baradei et une liste malheureusement encore bien longue de laquais bien rodés à la tartufferie révolutionnaire par des organismes comme Freedom House ou Global Voice Project.

Curieux nationalistes que ces « héros » qui acceptent les honneurs d’un organisme américain  qui a de tout temps soutenu les dictatures et qui continue à clamer haut  et fort par la personne de son président qu’aucun allié n’est plus important aux Etats-Unis qu’Israel. Il est vrai que comme l’estime le Foreign Policy « le Printemps arabe a remodelé la région et Obama s’est adapté, comme les valeurs et les intérêts de l’Amérique l’exigeaient ».

Et comme si ce n’était pas suffisant, Rached Ghannouchi a profité de son séjour pour se rendre au Washington Institute for Near East Policy où il a tenu une conférence sur sa conception de l’Islam moderne et modéré et où il a répondu à plusieurs questions posées par l’assistance. Avant de rendre compte de la teneur de ses discussions avec les dirigeants du WINEP, il est utile d’expliquer que cet organisme est un thinktank très influent fondé en 1985 par M. Martin Indyk, auparavant chargé de recherche à  l’American Israel Public Affairs Committee ou AIPAC, le lobby israélien le plus puissant et le plus influent aux Etats-Unis. Son influence s’exerce principalement sur les médias et le pouvoir exécutif américain. A cet effet, le Winep convie les journalistes à des déjeuners hebdomadaires, publie des analyses et fournit des « experts » aux stations de radio et aux talk-shows télévisés.  Les collaborateurs israéliens du WINEP, et parmi eux les journalistes Hirsh Goodman, David Makovsky, Ze’ev Schiff et Ehud Yaari, bénéficient également d’un accès direct aux médias américains.

C’est donc devant un parterre composé de journalistes, de politiques et décideurs dans leur majorité plus soucieux des intérêts d’Israel que de ceux des Etats-Unis eux-mêmes que Rached Ghannouchi a exposé sa vision du futur rôle joué par les Frères Musulmans en Tunisie, en Afrique du Nord et dans le monde arabe et  de leur collaboration avec les Etats-Unis. Non content de montrer son allégeance totale au gouvernement américain en ponctuant ses discours par des compliments mielleux, Rached Ghannouchi a tenu à rassurer le lobby sioniste quant à l’article que lui-même avait proposé d’inclure dans la constitution tunisienne concernant le refus du gouvernement de collaborer avec Israël. Il ne sera jamais inscrit dans la Constitution tunisienne que la Tunisie n’établira jamais de relations de quelque nature que ce soit avec l’entité sioniste.

Le problème n’est pas tant dans l’inscription de l’article dans la Constitution (bien que réclamée à cor et à cris par les sitinners du Bardo) mais les dans les voltes-faces et les revirements du Cheikh comme il aime à se faire appeler. Une partie du peuple tunisien n’est pas le seul à le taxer de louvoyer. Son passage au WINEP n’a pas été un moment de plaisir, On ne plaisante pas avec le lobby juif qui est très rancunier et n’oublie pas la moindre phrase ou déclaration faite à son sujet.

Croyant jouer au plus malin, notre Cheikh s’est fait épingler avec vidéo à l’appui quand il a renié avoir traité les Etats-Unis de Grand Satan en 1989. La honte pour une personne qui prétend devenir une é en matière d’enseignement islamique. Mais bon, notre serviteur de service accumule les sciences et les expériences et les alliances qu’ils en tire. Il a commencé par le nassérisme égyptien, puis le baathisme syrien, en passant par le tourabisme soudanais, le khomeinisme iranien, le belhadjisme algérien, le saddmisme irakien, le kadhafisme libyen, l’erdoganisme turc, le hamadbenkhalifisme qatari et même le benalisme tunisien, le voilà qui aujourd’hui s’essaie au sionisme israélien et à l’atlantisme  américain.

Son appétit est grand, voilà pourquoi il aura mangé à tous les râteliers. Mais lors de sa visite à Washington, il s’est réservé le morceau du chef  en déclarant qu’il s’engage à respecter la démocratie et à coordonner ses actions avec l’OTAN. Clair et net, la Tunisie de Ghannouchi sera occidentale ou elle ne le sera pas, comme l’a été celle de Ben Ali. On appelle cela le changement dans la continuité. Avec cependant avec deux  nuances  de taille. La  première est qu’aujourd’hui les choses ont changé et  les Tunisiens ont appris à séparer l’Etat du parti. Si Ennahdha a obtenu le plus grand nombre de voix, ce parti n’est pas l’Etat.  M. Ghannouchi qui n’est que chef de parti,  doit se souvenir que nous ne sommes plus à l’ère du RCD-Etat et à ce titre il n’a aucun droit de parler au nom du gouvernement qui est composé de plusieurs partis.  La seconde est que dire une chose et faire son contraire a un prix et dans le cas de la Tunisie de 2011, la maison ne fait pas  de crédit.

M. Ghannouchi, la révolution s’est faite par les braves et sans votre soutien. S’il est vrai que les millions de dollars du Qatar vous ont mené au pouvoir, les millions de Tunisiens qui ont renversé Ben Ali sont autant capables de vous renvoyer en Grande Bretagne si jamais il vous prenait l’envie d’en faire des collaborateurs du sionisme ou de l’impérialisme. Il est dommage qu’un Cheikh qui se prétend musulman  se place en tête de peloton de ceux qui ruent dans les bras du sionisme international alors qu’on attendait de lui qu’il soit le chef de file du combat contre l’occupation d’Al Qods et le projet de destruction de sa Mosquée.  

Fatma Benmosbah

•    مجموعة من أعضاء النهضة بمكاتبها الجهوية بتونس الكبرى تنظم لإعتصام باردو و تتهم قيادة الحركة بخدمة مشاريع صهيونية و أمريكية و يتهمون راشد الغنوشي بأنه متواطئ  مع استراتجية تهذيب الحركات الإسلامية بقيادة الأمريكان طيلة العقدين الماضيين و يطالبون باضافة المطالب التالية للإعتصام :
– وضع فصل يمنع التطبيع
– مطالبة بفتح أرشيف الإنتهاكات زمن المخلوع
ثلة من أحرار النهضة فآقو و إنضموا للإعتصا

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