« De sa visibilité internationale dépend l’avenir du cinéma tunisien »

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« Vers le Nord »

Mille et Une Tunisie : Vous avez créé la toute jeune société de production Paprika films et « Vers le Nord » est votre première collaboration. Quelle a été votre rencontre avec Youssef Chebbi ?
Melik Kochbati: Avant d’être le réalisateur dont les spectateurs auront l’occasion de découvrir le talent et l’originalité, Youssef Chebbi est un passionné, avec une réelle culture cinématographique. C’est un réalisateur doué, doté d’une vision. Notre collaboration sur ce projet, et nous espérons sur bien d’autres, est un corollaire de la convergence de vue qui nous unit. C’est tout naturellement que nous avons été amenés à travailler ensemble.

Mille et Une Tunisie : Que représente pour vous la sélection de « Vers le Nord » aux JCC ?

Les JCC sont le plus grand rendez-vous entre le cinéma et le public tunisien, en plus d’être le grand festival africain et méditerranéen que l’on sait, et il est bien évidemment satisfaisant d’y être présenté. Par ailleurs, la sélection du film en compétition officielle est un très bon point, même si dans l’absolu ce qui compte le plus, c’est que le public apprécie le film et le fasse vivre. « Vers le Nord » traite du phénomène de l’émigration clandestine de telle sorte que n’importe quelle culture puisse y être sensible. C’est le pari d’avenir que fait justement cette jeune génération de réalisateurs, qui ont compris que le local est universel, et notre objectif est que le film puisse être vu par le plus grand nombre.

Mille et Une Tunisie : Pensez-vous que le cinéma tunisien ne bénéficie pas des moyens et de la visibilité qu’il mérite ?
Effectivement, si l’on considère la très faible distribution des films, que ce soit en Tunisie ou ailleurs. Une nouvelle génération de réalisateurs est pourtant porteuse de projets ambitieux mais est limitée dans son expression par des considérations matérielles. Mais il y a aussi un problème d’écriture, il n’y a pas beaucoup de scénaristes en Tunisie.

Mille et Une Tunisie : Le Festival du film tunisien, qui se tient à Paris et dont vous êtes le responsable, attire chaque année plus de spectateurs qui dépassent largement la communauté des Tunisiens de France. Comment pérenniser cette jeune quasi-institution ?
Nous sommes victimes de notre succès. Le festival se tient dans des salles d’art et essai, que nos moyens nous permettent seules d’obtenir, et nous ne pouvons pas répondre à la demande, nous sommes obligés de refuser des entrées, c’est un comble. Nous devrions au moins multiplier notre budget par trois, pour à la fois accueillir plus de spectateurs et mieux communiquer. Nous essayons d’obtenir des financements de la part de nos partenaires institutionnels classiques que sont le ministère de la Culture en Tunisie et l’ACSE en France. Parallèlement, nous cherchons le soutien de grandes entreprises capables d’accompagner la croissance de cet événement. J’en appelle donc à tous les décideurs, car de la visibilité internationale des films tunisiens dépend l’avenir du cinéma tunisien.

Propos recueillis par Mireille Pena

Projections de « Vers le Nord »:

jeudi 28 Octobre à 18h aux cinémas Colisée et au Rio

vendredi 29 Octobre à 18h au cinéma Le Mondial et à 21h au Rio

samedi 30 Octobre à 18h au cinéma Le Mondial

Pour en savoir plus : http://www.verslenord-lefilm.com

 

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