La table de Jugurtha en voie d’inscription au Patrimoine Mondiale de l’UNESCO

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Le ministère des Affaires culturelles a entamé les premières démarches pour le projet d’inscription de la Table de Jugurtha (Gouvernorat du Kef) sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco.

Par Amel DJAIT

Le projet de lancement de la démarche a été fêté en grandes pompes et tous les intervenants sollicités invités: Institut national du patrimoine (INP), l’agence de mise en valeur du patrimoine et de la promotion culturelle (Amvppc), la direction du patrimoine, de l’information et de la culture au sein du ministère de la Défense nationale, l’office national des mines (ONM), le ministère du tourisme et de l’artisanat ainsi que le ministère de l’agriculture, des ressources hydrauliques et de la pèche.

Un Comité a été mis en place et a exactement 2 ans en main pour remplir un dossier qui comprend pas moins de 900 pages. Autant dire que c’est un travail de longue haleine qui portera un éclairage certain sur un des monuments naturels, archéologiques et culturels les plus exceptionnels de Tunisie.

Festivités au pied de la table de Jugurtha ( Crédit photo Leila Boulifa)

Les cavaliers de Tajerouine de la fête

L’historien Mohamed Tlili est un des acteurs de ce Comité et reste un des plus grands spécialistes du Kef et de sa région. Il travaille d’arrache pied avec une équipe locale et nationale d’experts sur le projet.

La table de Jugurtha ( Pierre Gassin)

Leila Boulifa, qui a un projet d’hôtel de charme dans la vieille ville du kef, attend beaucoup de l’inscription de la table au patrimoine de l’UNESCO: « Cela apportera une visibilité plus grande à la ville et à la région. Cela obligera les pouvoirs publics a reconsidérer les circuits touristiques et à créer une vraie économie autour de ces labels. »

La table de Jugurtha par Pierre Gassin

Comment convertir ce patrimoine?

De son côté, l’ancien Directeur générale de l’Office National du Tourisme Tunisien (ONTT), Wahid Ibrahim ,aujourd’hui grand défenseur de Haouria, imagine comment donner vie à ce monument et le convertir d’un point de vue touristique. Il propose ce qui suit:

– Améliorer la signalisation et les infrastructures d’accès
– Sécuriser l’escalier d’accès jusqu’à la plateforme de la Table
– Création d’un parking sécurisé au pied de la Table, doté de commodités sanitaires et de services d’hébergement « rustique », de boissons et de restauration…
– Construction d’un centre d’interprétation du site expliquant les spécificités géologiques, naturelles, faunistiques et floristiques .
– Réalisation d’une maquette géante représentant le royaume Numide et la « Saga » de Jughurta dont le nom est intimement lié à la Table.
– Le dessus de la Table ne doit connaître aucune construction en dur de nature à dénaturer le virginité du site
– Des constructions légères en terre du type pastoral ( Keebs) peuvent toutefois être prévus pour s’abriter des intempéries et permettre des dégustations de produits du terroir (produits laitiers, fromage, tissages…). L’élevage d’ovins qui y a toujours été pratiqué favorise cette activité
– Réalisation d’un observatoire astronomique permanent pour l’observation du ciel et des étoiles
– Installation d’une montgolfière captive pour les amateurs d’observation verticale du site et de ses environs ( vues dégagées jusqu’au Kef…)
– Création d’un Centre National d’initiation et de pratique de l’alpinisme et de l’escalade
– Création d’une base d’initiation et de pratique du Vol en Montgolfières
– Formation d’un corps de médiateurs ou éco-guides locaux
– Lancement d’un circuit intitulé  » la Route des Numides » partant des principales zones touristiques, passant par les plus grandes étapes dont la Table de Jugurtha et utilisant les maisons d’hôtes et les gîtes ruraux de la région ( les agents de voyages auront l’obligation de le programmer durant au moins trois années consécutives, le temps « d’amorcer la pompe », quitte à bénéficier, dans un premier temps, du soutien des autorités touristiques et culturelles ).

Reste à savoir qu’a ce jour, la Tunisie regorge de 8 sites inscrits au Patrimoine Mondiale de l’UNESCO. Ceux-ci ont-il été convertis? Quelle valeur ajoutée la Tunisie a t’elle pu et su en tirer? Saura t-on finalement tirer de la table et de tout le potentiel de la région la richesse nécessaire pour développer la région?

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