La saison Bleue, d’une saison à une vision ?

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Le Tout Tunis était présent pour le lancement de la Saison Bleue ! Il faut dire que l’événement est fortement attendu. Il est pour le moment hautement annoncé.

200 événements, plusieurs missions diplomatiques et organismes de coopérations internationales, des dizaines de partenaires et de sponsors et une cinquantaine d’ambassadeurs du projet sont engagés pour soutenir la manifestation dont l’objectif premier est de rassembler les initiatives ou manifestations mettant en valeur l’exceptionnel potentiel maritime de la Tunisie.

L’apothéose se fera en Octobre, du 4 au 6, autour d’un Forum à Bizerte. Le« Forum méditerranéen de la Mer » est destiné à présenter les enjeux de la mer sous toutes ses composantes et à devenir un  grand rendez-vous international récurrent qui fait aujourd’hui défaut sur le sujet.

Ceci dit, et au-delà de cette amorce, que cache le projet ? Quelles sont ses ouvertures ? Que peut-il apporter comme réponses à une Tunisie en mal de modèle alors que les forces vives, regroupés autour du projet La Saison Bleue, estiment que la mer est un potentiel, voir un trésor, pas assez converti. Pire encore, quel degré de conscience a la Tunisie de sa richesse principale : la mer ?

Qu’est ce que l’économie bleue ?

Si La Saison Bleue effleure le concept de l’économie Bleu, on saisit que la démarche est aujourd’hui de sensibiliser l’opinion et attiser sa curiosité. Au travers de mots clefs comme environnement ou écologie, on évoque que la mer représente déjà 8% du PIB de la Tunisie et pourrait facilement passer à 15% en créant de l’emploi, de la prospérité et en préservant les ressources naturelles du pays tout en l’enracinant dans sa région; la méditerranée.

Les principaux intervenants et organisateurs de la manifestation largement portée par l’ambassadeur de France en Tunisie, Olivier Poivre d’Arvor, évoquent le tourisme, le transport, les énergies renouvelables, la pêche,…

Pour le Belge Gunter Pauli, à l’origine du concept de l’économie bleu, celle-ci envoie aux modèles de production des écosystèmes et de la résilience. Elle est ainsi axée sur entrepreneuriat social, favorisant un développement soucieux de l’environnement par la restriction des pertes et des émissions de carbone, les productions à faible coût favorisant emploi et croissance durables; l’économie bleue se concrétise principalement avec l’aquaculture, la mariculture, les activités portuaires, l’écotourisme côtier, l’énergie bleue, les bio-produits marins ou encore la biotechnologie.

A ce jour, l’introduction de cette notion fait ses premiers pas dans le monde, en Afrique où  on évoque l’existence d’une autre Afrique sous la mer. Les premiers pas de ce projet se mettent en place en Tunisie timidement mais surement ! A ce jour, le plus important est le regroupement autour de la question de la préservation de l’environnement et la prise de conscience qui se mettent en place .

La charte de la Saison Bleue

La saison bleue a permis de regrouper bien des acteurs autour de la charte suivante:

Considérant les 3000 ans d’histoire maritime qui ont fait des Phéniciens puis des Carthaginois l’un des plus grands peuples de la mer du monde;

Considérant cet exceptionnel patrimoine qui inscrit aujourd’hui les 1300 kilomètres du littoral tunisien, ses ports, ses plages et ses îles au cœur de la Méditerranée comme à la pointe la plus septentrionale du continent africain;

Considérant cette façade littorale qui ouvre, depuis toujours, la Tunisie au monde et le monde à la Tunisie et qui favorise le commerce, l’activité touristique, l’échange au sens le plus large, la mobilité;

Considérant le rôle géostratégique de la Tunisie sur le canal de Sicile, à 150 kilomètres de l’Europe, aux confins des bassins oriental et occidental de la Méditerranée; considérant les enjeux et défis majeurs actuels du commerce et du transport maritimes pour la Tunisie;

Considérant les 8 millions de citoyens tunisiens vivant et travaillant à proximité du littoral et les 8 millions de touristes qui chaque année visitent la côte tunisienne; soucieux de la qualité de la rencontre entre habitants et visiteurs;

Considérant la contribution de l’économie bleue en Tunisie, représentant 12% du PIB et génératrice de plus de 600.000 emplois directs, qu’elle agisse à travers le transport et le commerce maritimes, la pêche et l’aquaculture, le tourisme, l’hôtellerie et la restauration, le nautisme, la recherche scientifique…;

Considérant cependant la vulnérabilité d’un patrimoine naturel, fragilisé par la pression démographique, le changement climatique, l’érosion marine, l’élévation du niveau marin, les pollutions industrielles les plus diverses et le comportement humain;

Je m’engage, comme Ambassadeur de la Saison Bleue, du 15 juin au 15 octobre 2018

  • A aider à la conscience auprès de tous de la valeur économique, environnementale, culturelle et esthétique de la façade maritime tunisienne; de l’importance de la faune et de la flore, des écosystèmes littoraux
  • à veiller, là où je le pourrais, au respect de ce littoral, des aires maritimes côtières protégées, de la pêche responsable et de la préservation des ressources naturelles, de la biodiversité, de la qualité des eaux et de la propreté des plages mais également de l’urbanisme et de l’aménagement du territoire;
  • à favoriser autant que de besoin la protection du milieu marin, la conservation des traditions culturelles du littoral, de l’artisanat, des techniques anciennes de pêche comme de l’habitat traditionnel, des sites archéologiques, des fêtes et festivals;
  • à prendre toutes les initiatives, pendant la Saison Bleue, pour éveiller la conscience de la ressource comme de la fragilité maritime auprès de toutes celles et tous ceux qui vivent ou séjournent sur le littoral tunisien;
  • à contribuer à l’échelle associative, entrepreneuriale, scientifique, économique, éducative, sur le plan national comme international, à la protection de la planète Mer.

Pour en savoir plus: http://lasaisonbleue.tn/presentation

 

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