Habib Ammar : « A lui seul, aucun ministre ne peut remettre le tourisme tunisien en marche »

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Mille et une Tunisie : Comment donner vite et bien une autre vie à l’ONTT :
Habib Ammar : La scinder en deux directions distinctes avec une agence qui a la charge de la communication et promotion et une autre qui s’occupe de la formation et des ressources humaines. Une telle réforme nécessite absolument l’adhésion de tout le personnel de l’ONTT et doit s’accompagner de toutes les mesures nécessaires dans le dialogue avec les syndicats. Cette restructuration donnera naissance à deux entités indépendantes qui sauront être plus réactives et performantes.

Reste que les ressources humaines ont aussi probablement atteint leurs limites. Comment les adapter aux nouvelles exigences du secteur?
Par le recyclage et de nouvelles formations afin de les outiller pour faire face aux nouvelles dimensions de leurs tâches.

Pourquoi l’ONTT n’a pas pu évoluer ?
Elle est restée coincée dans sa fonction de bâtisseuse de la fin des années 70 et n’a pas su évoluer vers une fonction de régulation, de contrôle, de promotion…La structure actuelle est la même que celle qui avait la charge de lancer le secteur qui,  aujourd’hui,  a besoin de vitesse et de  plus de dimension.

Si elle était aussi bâtisseuse, pourquoi n’a-t-elle  pu orienter les investisseurs vers plus de diversification du produit et  plus d’innovation?
Il y a une fonction essentielle qui manque à l’ONTT, c’est la promotion de l’investissement. Orienter le privé mérite d’autres compétences qu’elle n’a pas. Ceci dit, l’investisseur aussi refuse l’innovation. Il s’obstine à investir dans ce qu’il connait et marche. Le privé n’ose pas et l’administration ne l’inspire pas forcément.

Qui peut sauver le tourisme tunisien ?
Tous et ensemble. Il faut que le secteur soit la priorité absolue de l’état. Un ministre à lui seul ne peut pas sauver le tourisme tunisien qui  qu’il soit. Si en Egypte ou au Maroc le tourisme a pu décoller, c’est parce qu’il était la priorité de Moubarak ou de Mohamed V et maintenant de Mohamed VI.

Je pense aussi que pour faire évoluer le secteur, il faut le bousculer. Il a véritablement besoin d’un grand coup de fouet. Aux professionnels de se remettre en cause. Incriminer sans cesse l’administration est contreproductif.

Que peut-on reprocher à l’étude 2016 du tourisme que l’on a reléguée au placard alors que les partis politiques, les privés et même l’administration et  aujourd’hui le monde s’en inspire ?

De ne pas avoir été suffisamment orienté vers le développement des régions et le tourisme local qui doivent absolument être restructurés. Il faut faire de notre tourisme local un pilier. Observez les plus grandes destinations touristiques comme la France ou l’Espagne, c’est leur propre tourisme qui constitue sa base la plus solide. De toutes les  façons, ne parlons plus de maux, parlons de solutions !

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